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TEXTES ET TRACTS
SUR LA GUERRE À VENIR...

BRAVE NEW WORLD - film catastrophe
La Guerre derrière la guerre (Mumia Abu-Jamal)
Contre toutes les guerres (La   Coordination  des  Groupes   Anarchistes)
NON A LA GUERRE ! La Lettre des militant-e-s syndicalistes libertaires)
le capitalisme, on peut pas s’y faire! le pacifisme, on peut pas s’y fier!  Oiseau Tempête
Pacifistes, encore un effort !... Oiseau Tempête
QUOI DE NEUF SUR LA GUERRE ? (5ème zone)
LES PEUPLES EN PAIX CONTRE LA GUERRE (5ème zone)
AH ! DIEU QUE LA GUERRE A BON DOS ! (5ème zone)
Libertaires contre toutes les guerres (Alternative libertaire)
GUERRE À LA GUERRE ! (Claag)
LE CAPITALISME, C'EST LA GUERRE ! (Scalp-Reflex)
CONTRE LA GUERRE ! (Fabrice Sacher)
De l'anti- impérialisme au pacifisme : l'absence de perspectives révolutionnaires (Temps critiques)
De l'usage abusif des arguments anti-impérialistes ou antisionistes (Yves Coleman)
 
 
 

BRAVE NEW WORLD
film catastrophe

Aux Américains
Aux Américains, ou à quiconque parmi eux, ou à quiconque en n'importe quelle ville américaine, Résistez beaucoup, obéissez peu,
Quand vous ne contesterez plus la soumission, vous serez totalement esclaves, Et totalement esclave, personne en aucune nation, aucun État, aucune ville, sur cette terre, ne regagne jamais ensuite sa liberté.
Walt Whitman

Puisque tout ce qu'on prend dans la main, c'est du vent,
Puisque tout n'est que ruine, désespoir,
Pense : ce qui est n'est pas
Et ce qu'on dit n'être pas est là !
Omar Khayyam
 
 

1. Une propagande de guerre

Le 11 septembre 2001, les médias du monde entier, instantanément mobilisés dans l'une des plus vastes opérations de propagande jamais menées, rivalisaient d'amateurisme, de crédulité, de fanatisme, dans l'annonce d'une Apocalypse terroriste.

Quelques heures ont suffi pour que l'ordre soit partout transmis de divulguer le nom du «suspect numéro un», sur la base de ces extravagants documents prétendument «abandonnés par un kamikaze sur un parking d'aéroport». Oussama Ben Laden et sa «nébuleuse» islamiste radicale étaient alors présentés comme le Mal absolu, l'Adversaire démoniaque contre la folie duquel la plus violente réaction est toujours justifiable.

«Comme d'habitude, le visage d'Emmanuel Goldstein, l'Ennemi du Peuple, avait jailli sur l'écran. Le programme des Deux Minutes de la Haine variait d'un jour à l'autre, mais il n'y en avait pas dans lequel Goldstein ne fût la principale figure. Il était le traître fondamental. Quelque part, on ne savait où, il vivait encore et ourdissait des conspirations. Peut-être au-delà des mers, sous la protection des maîtres étrangers qui le payaient. Peut-être, comme on le murmurait parfois, dans l'Océania même, en quelque lieu secret.» George Orwell, 1984.

L'image de Ben Laden-Goldstein se confond ici avec celle d'un autre monstre qui réside dans les entrailles de la terre, l'Antéchrist, ce vieux dragon, Satan. Par le moyen de cet universel matraquage idéologique et policier qui permet d'en apprécier toute la modernité, c'est l'antique manichéisme apocalyptique, historiquement à l'origine de l'islam aussi bien que du christianisme, qui s'impose encore une fois comme la religion d'une époque de décadence, de malheur, d'ignorance  et d'esclavage, cette fois-ci à l'échelle mondiale. C'est alors que se multiplient les faux prophètes et les pseudo-messies se dénonçant mutuellement comme agents de Satan à exterminer, c'est alors que d'ubuesques dirigeants se proclament les champions du bonheur de ceux qu'ils oppriment.

«Notre nation a été choisie par Dieu pour être un modèle.»George W. Bush, le 28 août 2000.

«Le drame épouvantable des Derniers Jours n'avait rien d'une chimère à échéance plus ou moins vague ou lointaine : c'était une prédiction infaillible et que l'on sentait, presque à chaque instant, sur le point de se réaliser.»Norman Cohn, Les Fanatiques de l'Apocalypse.

2. Un terrorisme intégré

Comme les démons de l'imaginaire médiéval, les terroristes kamikazes étaient ce qu'on appelle des «modèles d'intégration». Leur mission nécessitait qu'ils se fondent dans la population américaine, qu'ils partagent son quotidien, son travail, ses loisirs, son mode de vie, bref qu'ils se transforment en bons Américains patriotes et industrieux. Ce qui ne les a pas empêchés d'être surveillés de près par les services de l'État américain dont c'est la fonction, informés de longue date sur les réelles intentions des terroristes par des services alliés. D'ailleurs, dans un monde surveillé par Echelon et ses multiples avatars, sur un terrain préparé par cinquante ans de guerre secrète contre la menace dite communiste, un réseau occulte de comploteurs fanatiques surpassant les services qui dès l'origine lui ont permis d'exister est une absurdité logique autant qu'une impossibilité pratique. Aussi, accorder la moindre crédibilité au déficient scénario élaboré par de cyniques menteurs à l'intention de spectateurs abrutis et serviles, ce n'est rien d'autre que faire preuve d'un acte de foi.

C'est ainsi que les imbéciles ignorent, et que les tartuffes feignent d'ignorer, qu'un complot contre l'État est une chose trop importante pour être laissée aux ennemis de l'État — a fortiori quand ce complot peut avoir l'ampleur qu'on a vue le 11 septembre.

«Ces tigres ont des âmes de mouton, des têtes pleines de vent ; il suffit de parler leur langage pour pénétrer dans leur rang.»Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu.

Pour être efficacement contrôlés, les islamistes d'un réseau comme Al Qaida doivent obéir aveuglément à des chefs qui doivent être eux-mêmes formés et financés par les services de protection de quelques États, et peut-être convaincus par une étrange mentalité schizophrénique d'Ōuvrer ainsi pour leur propre cause perverse. C'est ici que de bons Saoudiens patriotes et industrieux se transforment en terroristes kamikazes.

3. À qui profite le crime ?

Ce phénomène de fusion n'est contre-nature qu'en apparence ; il est d'abord le résultat d'une réelle communauté d'intérêts strictement économiques, au premier rang desquels figure le pétrole. C’est ainsi que les «représailles» contre l'Afghanistan, planifiées plusieurs mois avant le casus bellidu 11 septembre, avaient pour but de repeindre la façade du pouvoir central afghan, pour négocier avec lui à moindres frais la construction et la protection du pipe-line américano-saoudien qui charriera l'or noir ouzbek et turkmène vers le Pakistan — à moindres frais, c'est-à-dire sans davantage poursuivre l'expérience malheureuse des Talibans encageurs de femmes, et sans Massoud. Les profits que certains escomptent de l'exploitation des derniers grands gisements pétrolifères connus sont sans commune mesure avec les profits spéculatifs annexes que les mêmes, ou d'autres, ont engrangé le 11 septembre par un banal délit d'initiés.

La principale conséquence politique est tout aussi limpide : l'administration de l'État américain, arrivée au pouvoir par la première non-élection réelle de l'histoire de ce pays, s'est vue légitimée nationalement et internationalement par la mise en scène de la tragédie burlesque d'un singe de foire déguisé en chef de guerre qui prend la tête d'une croisade universelle. Ainsi solidement étayée, cette administration pouvait commencer à faire passer le maximum de son programme, ultra-libéral en matière d'économie et ultra-répressif en matière de liberté publique, dans le minimum de temps, quitte à museler temporairement le Congrès, dernière baudruche démocratique des États-Unis, en organisant la «psychose de l'anthrax».

Par effet de ricochet, ce sont les dirigeants du monde entier, sommés par les événements de former un bloc soudé autour de leurs homologues américains, qui profitent de l'aubaine pour faire passer le maximum localement possible du même programme, allant jusqu'à importer en kit la «psychose de l'anthrax», comme en France et en Allemagne, ou en inventant une variante nationale, comme le camion-suicide fantôme en Italie. Tous se hâtent de se donner les moyens d'en finir avec le vaste mouvement de rejet qui les inquiète tant et qui, de Seattle à Téhéran, de Pretoria à Tizi-Ouzou, recherche ses moyens et ses buts ; et tous se hâtent de savourer leur éphémère triomphe.

C'est ce chŌur de cyniques jubilations, qui exprime la solidarité internationale d'une classe pleinement consciente de l'étendue de sa domination, qui est le scandale central devant être partout tu et caché.

«Le secret domine ce monde, et d'abord comme secret de la domination.»— Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle.

4. Des "théories de la conspiration"

Les événements ont révélé d'eux-mêmes l'existence d'une gigantesque conspiration. Pour maintenir les populations dans la passivité, il suffit de brouiller leurs capacités à discerner qui complote réellement contre qui. Différents scénarios se développent alors spontanément, qui adaptent la thèse officielle, qui n'est autre que la «théorie» de la conspiration islamiste, à différents publics préalablement conditionnés à telle ou telle version. Les islamistes peuvent ainsi croire que ce sont les chrétiens qui conspirent contre le monde musulman, ou plutôt perpétuer l'ancienne «théorie» de la conspiration juive. La gauche radicale peut élaborer la «théorie» d'une conspiration fasciste ou d'un complot de la CIA — alors même que son point de vue exige de comprendre les événements dans leur globalité et leur mouvement.

Tous ces fragiles échafaudages se basent sur un usage parfois subtil de vérités partielles. Ainsi certaines fractions des multiples services secrets américains, saoudiens et pakistanais, et peut-être des services spéciaux de quelques compagnies pétrolières, ont été selon toute probabilité les artificiers de l'exécution de Massoud et des attentats du 11 septembre ; mais des islamistes manipulés n'en ont pas moins joué un rôle déterminant. De même, il est tout à fait vraisemblable que des groupes fascistes aient participé au déclenchement de la «psychose de l'anthrax» aux États-Unis. Mais seule une relation de complicité fondamentale, soudant organiquement tous les profiteurs de ce nouveau massacre, émerge clairement de ces brumes délétères.

Les diverses «théories de la conspiration» ont pour résultat d'émietter la vérité, puis d'en intégrer chaque parcelle au sein d'une pseudo-globalité tissée d'erreurs balourdes et de mensonges paranoïdes, qui s'écroule d'elle-même dès qu'on la confronte à la réalité. Elles sont ensuite utilisées dans divers milieux pour réfuter instantanément, par le seul bruit de leur nom, toute critique authentique que n'auraient pas suffi à faire disparaître les diverses agences de l'organisation du silence. Par exemple, on pourrait dire un jour, si  cela paraissait souhaitable, que ce film développe une théorie de la conspiration ; ou bien, c'est la même chose, une ridicule paranoïa.

5. Une nouvelle époque

Les attentats du 11 septembre ne peuvent se comprendre que situés à la fin d'un processus transitoire complexe qui s'est massivement mis en branle il y a une dizaine d'années. L'année 1991, en effet, a été marquée publiquement par la guerre du Golfe et la dissolution de l'U.R.S.S., qui imposaient durablement au monde l'hégémonie militaire et économique des États-Unis, et elle a aussi été marquée, secrètement, par les débuts de la «sale guerre» en Algérie, l'État-laboratoire où était expérimentée, avant d'être systématisée, la variante islamiste du terrorisme d'État moderne, renouvelant ainsi une technique de gouvernement mise en pratique pour la première fois dans l'Italie de l'aprês-[19]68, et qui s'est depuis imposée mondialement.

Ce sont les mêmes gens, à quelques changements de génération près, qui règnent aujourd'hui aux États-Unis comme en Algérie, en Italie et ailleurs. Mais ils ont retenu les leçons de dix années d'exercice du pouvoir : ils ont compris que l'augmentation de leurs profits nécessite désormais un règne mondial de terreur et d'obscurantisme ; ils savent à présent mieux ce qui les enrichit, ce qui les renforce, l'usage qu'ils peuvent faire des moyens qu'ils se sont donnés, et ce que les populations maintenues sous hypnose sont prêtes à croire et à subir.

La provocation du 11 septembre a inauguré un XXIè siècle qui d'ores et déjà s'apprête à y ressembler trait pour trait : un film catastrophe réalisé par des idiots, plein de bruit obscurantiste et de fureur terroriste, qui ne signifie rien.

Novembre 2001


LA GUERRE DERRIÈRE LA GUERRE
Par Mumia Abu-Jamal
écrit le 29/01/2003

«Dans la confidence... je devrais bien accueillir presque toutes les guerres, car je pense que ce pays en a besoin».Theodore Roosevelt, Président des USA (Lettre à un ami, 1897)

Nombreuses et diverses sont les raisons d'une guerre, et rarement les vraies raisons sont publiquement embrassées par les politiciens qui dégainent leurs sabres devant la foule en colère.

Les politiciens ont appris à utiliser des phrases qui font bouillir le sang et créent des tensions, mais ce sont des impulsions pour le combat émotionnel, pas rationnel.

Derrière leurs performances publiques, loin de la lumière et des rugissements de la foule, les penseurs, s'assoient et calmement complotent de grandes guerres et conflits sociaux ainsi que l'acquisition de plus grandes richesses, pour de vrai, pas pour des émotions pas pour des profits imaginaires. Depuis des mois, j'ai cherché des preuves de réunions comme celle-là, mais sans trop de résultat. Jusqu'à maintenant.

En lisant attentivement un article du quotidien libéral The Guardian,datant de septembre 2002, ce journal londonien rapporte la tenue d'une réunion là-bas du Royal Institute of International Affairs, composé des dirigeants exécutifs du monde pétrolier, d'Irakiens en exil, et (bien sûr) d'experts légaux internationaux.

Le titre de cette causette à huis clos ? «Envahir l'Irak : Dangers et Opportunités pour le Secteur Energétique».L'un des individus présent résuma l'évènement avec ce quolibet : «Qui aura le pétrole ?» Et voilà.

Le député Irakien qui fut ministre du pétrole, Taha Hmud Moussa, parlant avant que l'actuel conflit ne mûrisse, dit aux reporters dans une interview, que le pays a une production potentielle de 300 milliards de baril de pétrole, «quand toutes les régions de l'Irak sont exploitées».

Si les intérêts occidentaux peuvent mettre leurs mains sur ces réserves (qui furent perdues quand l'Irak nationalisa ses terrains en 1972) ils prévoient d'être capable de produire quelque 8 millions de barils par jour pendant 10 ans. Les mathématiques répondent à beaucoup de questions.

Huit millions de barils à 30 dollars le baril, 365 jours par ans, ca nous fait 87,6 milliards de dollars (j'ai bien dit Milliards) par an. Pour les gros bras du pétrole Anglais et Américains, c'est simplement trop dur de résister. Une guerre ? Oh oui, ils en feraient 10 des guerres s'il le fallait (enfin pas exactement faire, mais plutôt demander à d'autre qu'eux-mêmes de les faire). C'est une grosse guerre officielle pour le profit.

C'est le vrai "bling! bling!".

Il y a plusieurs années, à Philadelphie, un homme avait été arrêté dans un coin miteux de la ville, après qu'une femme se soit échappée de ce qui fut décrit comme «l'antre de l'horreur». L'homme qui était clairement mentalement dérangé avait enfermé, enchaîné, torturé et tué plusieurs femmes dans sa cave. Quand un avocat brillant de la défense criminel de Philadelphie pris en charge l'affaire, des reporters lui demandèrent pourquoi, étant donnée sa nature macabre. L'avocat esquissa un sourire étincelant et dit avec piquant : «j'ai des centaines de milliers de raisons pour ca».

Il faisait référence au fait que l'homme, bien que dérangé, était aussi un talentueux investisseur boursier, et avait amassé quelques centaines de milliers de dollars en dividende d'échanges boursiers.

Vous voulez connaître les vraies raisons pour ce «showdown with Saddam», «Countdown to Bagdad», et autres du même genre ? Ce n'est pas parce que, comme le président l'a joyeusement suggéré, «Sadam est un homme méchant». Pas plus parce que «Saddam a essayé de tuer mon papa». Ce n'est pas parce que les gens d'Irak vivent sous une cruelle dictature, et qu'il faut leur amener la "democrisy".

Le Moyen-Orient n'est pas en pénurie de dictateurs, certains d'entre eux sont les «plus dévoués alliés» de l'Amérique.

Ce n'est pas parce que l'Irak a utilisé des armes chimiques contre "son propre peuple". Les Turques, membres de l'OTAN et (peut-être) de l'Union Européenne, sont sans pitié quand il s'agit des Kurdes, qui ne peuvent pas parler leur propre langue ou porter leurs couleurs nationales par peur des répressions du gouvernement. (La «campagne» des USA pour les droits de l'homme ignore conventionnellement les brutales répressions des Turques envers la minorité Kurdes et les emprisonnements des prisonniers politiques Kurdes comme Leyla Zana, la première femme Kurde élue au Parlement Turque. L'une des charges à son encontre était qu'elle «portait des accessoires jaunes, verts et rouges», soit les couleurs traditionnels Kurdes ! Elle est l'une des 4 législateurs Kurdes emprisonnés sous des charges aussi ridicules, mais le régime Bush n'en souffle mot).
 

Vous voulez connaître les vraies raisons de cette guerre en Irak ? Ils ont 87,6 milliards de raisons ! le pétrole.


Manifeste de Madrid contre la guerre

Texte du manifeste contre la guerre prononcé au cours de la manifestation du 15 mars 2003 à Madrid par l'écrivain portugais José Saramago.

Traduction : José Movidas Rubio.

Ils croyaient que nous étions fatigués des manifestations et que nous leur avions laissé les mains libres pour poursuivre leur hallucinante course vers la guerre. Ils se sont trompés. Nous, qui manifestons aujourd'hui, ici et dans le monde entier, sommes comme cette petite mouche qui plante obstinément, encore et encore, son aiguillon sur les parties sensibles de la bête. En termes populaires, clairs et francs, nous sommes la mouche casse-couilles du pouvoir.

Eux, ils veulent la guerre, mais nous, nous n'allons pas leur ficher la paix. Ni la première bombe ni la dernière de celles qui s'abattront sur l'Irak ne feront perdre sa vigueur et son autorité (nous aussi, nous avons de l'autorité) à notre engagement, mûri dans les consciences et proclamé dans les rues.

Que ces messieurs-dames qui sont au pouvoir n'aillent pas dire que nous manifestons pour sauver la vie et le régime de Saddam Hussein. Ils mentent de toutes les dents de leurs bouches. Nous manifestons, c'est clair, pour le droit et la justice. Nous manifestons contre la loi de la jungle que les Etats-Unis et leurs acolytes, anciens et modernes, veulent imposer au monde. Nous manifestons pour la volonté de paix des gens honnêtes et contre les caprices belliqueux de politiciens qui, faute d'intelligence et de sensibilité, débordent d'ambition. Nous manifestons contre le concubinage des états avec les super-pouvoirs économiques qui dirigent le monde. La Terre appartient à ceux qui l'habitent, pas à ceux qui, au prétexte que la représentation démocratique est effrontément pervertie, en fin de compte les exploitent, les manipulent et les trompent. Nous manifestons pour sauver la démocratie en danger.

Jusqu'à présent, l'humanité a été éduquée pour la guerre, jamais pour la paix. On nous rebat les oreilles en permanence avec l'affirmation suivant laquelle si nous voulons la paix demain, il nous faut forcément faire la guerre aujourd'hui. Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire en une paix éternelle et universelle, mais si les êtres humains ont été capables de créer, tout au long de leur histoire, des beautés et merveilles qui nous honorent et nous grandissent, alors il est temps de s'atteler à la plus belle et merveilleuse de toutes les tâches : la construction incessante de la paix. Mais que cette paix soit la paix de la dignité et du respect humain, pas la paix de la soumission et de l'humiliation trop souvent déguisées sous le masque d'une fausse amitié protectrice.

Il est temps que les raisons de la force cessent de prévaloir sur la force de la raison. Il est temps que l'esprit positif de l'humanité que nous sommes se consacre, une fois pour toutes, a assainir les innombrables misères du monde. C'est cela, sa vocation et son voeu, et non de pactiser avec de supposés ou authentiques "axes du mal".

Bush, Blair et Aznar palabraient aimablement au sujet du divin et de l'inhumain, tranquilles et sûrs de leur rôle de puissants sorciers, experts en tours de bonneteurs et connaisseurs émérites de tous les pièges de la propagande trompeuse et de la falsification systématique, lorsque la terrible nouvelle fit irruption dans le bureau ovale où ils s'étaient réunis : les Etats Unis d'Amérique avaient cessé d'être la seule grande puissance mondiale. Avant que Bush puisse asséner son premier coup de poing sur la table, votre président José María Aznar s'empressait de déclarer que cette nouvelle grande puissance n'était pas l'Espagne. "Je te le jure, George", dit-il. "Mon Royaume Uni non plus", ajouta rapidement Blair pour couper court au soupçon naissant de Bush. "Si ce n'est toi et que ce n'est pas toi non plus, qui est-ce, alors ?" demanda Bush. Ce fut Colin Powell, ayant lui-même du mal à croire ses propres propos, qui dit "L'opinion publique, Monsieur le président". Vous aurez compris que cette petite histoire es pure invention de ma part. Je vous demande donc de ne pas lui accorder d'importance. Ce qui est important, c'est ce qui est déjà une évidence pour tous, la plus exaltante et heureuse évidence en ces temps troublés : c'est que les sorciers Bush, Blair et Aznar, sans le vouloir, sans le faire exprès, rien que par leurs artifices indignes et leurs pires intentions, ont fait surgir un gigantesque, un immense mouvement d'opinion publique, spontané et impossible à endiguer. Un nouveau cri parcourt le monde, un nouveau "No pasarán" exprimé par les mots "Non à la guerre".

Il n'est nullement exagéré de dire que l'opinion publique mondiale contre la guerre s'est transformée en une puissance avec laquelle le pouvoir doit compter. Nous nous affrontons délibérément à ceux qui veulent la guerre, nous leurs disons "Non", et si même comme cela il s'obstinent dans leur démente volonté et déchaînent une fois de plus les chevaux de l'apocalypse, alors nous les prévenons d'ores et déjà que cette manifestation n'est pas la dernière, que nous continuerons à manifester pendant toute la durée de la guerre, et même au delà, car à partir de maintenant il ne s'agira plus de dire simplement "Non à la guerre", il s'agira de combattre tous les jours et dans toutes les instances pour que la paix soit une réalité, pour que la paix cesse d'être manipulée comme élément d'un chantage émotionnel et sentimental à l'aide duquel on prétend justifier les guerres.

Sans paix, sans une paix authentique, juste et respectueuse, il n'y aura pas de droits humains. et sans droits humains -tous les droits humains et chacun d'entre eux- la démocratie ne sera jamais qu'un sarcasme, une offense à la raison, un "foutage de gueule". Nous tous qui sommes ici, nous sommes une partie de la nouvelle puissance mondiale. Nous assumons nos responsabilités. Nous allons lutter avec notre coeur et notre cerveau, avec notre volonté et notre espérance. Nous savons que les êtres humains sont capables du meilleur comme du pire. Eux (je n'ai pas besoin de les citer), ont choisi le pire. Nous, nous avons choisi le meilleur.

Lire le texte original (en espagnol) publié par le journal El mundo.


La   Coordination  des  Groupes   Anarchistes
CONTRE TOUTES LES GUERRES !

La Coordination des Groupes Anarchistes emploie tous ses moyens militants pour faire barrage aux dérives guerrières, aux dérives autoritaires et aux dérives sécuritaires qui se font jour un peu partout aujourd’hui.

La C.G.A., consciente des menaces actuelles de conflit, condamne la politique belliqueuse de Bush  qui, sous couvert de mener une guerre préventive contre le terrorisme, s’emploie en réalité à coloniser la région « Irak ». Outre l’évidente question du pétrole de l’Irak, la volonté des Etats Unis est bien d’asseoir une présence dans cette partie de la planète afin de façonner l’ordre mondial à sa main.

Et ailleurs c’est la lutte contre le « terrorisme » tchétchène et ailleurs encore, il s’agit de la défense d’un président ivoirien passablement disqualifié.

En Algérie, en Afghanistan, en Israël, en Palestine, c’est l’obscurantisme religieux qui sert de vecteur à la barbarie guerrière…

Pour le Capitalisme, le Libéralisme et pour l’ensemble des Etats de la planète et y compris pour la plupart des  guides « spirituels » et religieux, il s’agit toujours et partout de priver les peuples et les individus qui les composent de la liberté de vivre humainement, dignement, décemment et de leur ôter toute marge, toute capacité de décider des choses qui les concernent  !

Les gouvernants, pour leurs propres intérêts, ont toujours abusé des peuples et les considèrent comme de la chair à canons pour le plus grand bénéfice des marchands d’armes et des trusts guerriers.

La condamnation de la guerre qui se prépare contre l’Irak  est une nécessité.

Il s’agit cependant de CONDAMNER TOUTES LES GUERRES. Celle qui vient, celles qui ont ensanglanté l’Histoire depuis le début des temps et celles, futures, qu’un grand nombre de cerveaux malades seraient enclins à nous concocter pour « notre plus grand bien » comme ils osent le dire.

Nous ne pouvons qu’engager l’ensemble de celles et ceux qui condamnent la barbarie annoncée, à défendre résolument l’idéologie pacifiste et son corollaire l’antimilitarisme. C’est le seul moyen sérieux et efficace d’en finir définitivement avec les cortèges de morts et de désolation !

La lutte pour la Paix  suppose le rejet  absolu de l’idéologie militariste, idéologie qui légitime la guerre…

La lutte pour la Paix  ne peut se satisfaire de la fabrication d’armes et d’ objets de mort…  Cette lutte  appelle l’arrêt immédiat de toutes les recherches  scientifiques à caractère militaire et la reconversion des usines d’armement dans d’autres domaines de fabrication ou bien leur fermeture…

Mais soyons clairs, il ne peut s’agir pour nous, sous prétexte de pacifisme, d’accepter les inégalités sociales, la situation détestable et les galères qui sont le lot quotidien de la grande majorité des habitants de la planète. Nous luttons contre la division de la société en classes et nous militons pour l’avènement d’une société égalitaire, humaine et pacifiée !

La lutte pour la Paix  suppose la lutte quotidienne contre l’aliénation des individus pour le seul profit des Etats, des gouvernants et des capitalistes, tous complices…

Déjà dans d’autres pays, l’action directe est mise en Ōuvre, ainsi aux USA, les dockers boycottent tout ce qui touche à la guerre en préparation… La seule mobilisation dans la rue, dans les pays où les peuples s’opposent à leurs gouvernants bellicistes, ne peut suffire !

Seule la grève générale peut les infléchir.

La C.G.A. espère le sursaut  libertaire et salvateur du plus  grand nombre d ’individus face à toutes les menaces guerrières, face à toutes les dérives autoritaires et sécuritaires…

La C.G.A. se mobilise et vous invite à vous mobiliser  contre la Mondialisation des profits que nous servent  les tenants des classes privilégiées - libéraux, socio-démocrates, capitalistes et étatistes, au-delà des « grandes messes » et des réunions périodiques qu’ils nous imposent de manière spectaculaire.

Celles et ceux  qui se donnent  pour  objectif  une société de paix, de solidarité, d’entraide  et d’égalité sociale doivent s’investir au quotidien, dans les quartiers, dans les entreprises, au sein des collectifs et des associations.

Contre toutes les guerres, que tous les Etats nous foutent la paix !

Relations Extérieures de la  C.G.A.
C/o CES BP 223 - 66002 PERPIGNAN-CEDEX
Coordination des Groupes Anarchistes (secrétariat : c/o la Mauvaise Réputation, 20 rue Terral, F-34000 Montpellier)


NON A LA GUERRE !

C'est un mouvement de masse qui se lève aujourd'hui pour s'opposer résolument à la nouvelle guerre du pétrole, à un pouvoir américain, en apparence tota-lement délirant, prêt à mettre le feu au poudre, mais surtout prêt à tout pour se créer un nouvel ennemi, le "monde arabe", pour retrouver une bi-polarisa-tion du monde lui permettant de se pré-senter comme le seul protecteur du "monde libre". Derrière l'image de l'im-bécile Bush il y a bien une politique menée rationnellement, avec des objec-tifs à la fois économiques et politiques.

Toutes les organisations syndicales se doivent de participer activement au déve-loppement de cette opposition à la guer-re, une guerre qui peut encore être évitée après le fantastique succès des mobilisa-tions du 15 février. Car ce ne sont pas quelques chefs d'États ou les discours d'un ministre français qui retrouve des "accents gaulliens" qui suffiront à blo-quer la logique de guerre ! C'est la mobi-lisation massive de millions de per-sonnes.

Le 15 février n'est qu'une pre-mière étape, d'autres mobilisations sont à organiser, de multiples débats publics sur les questions internationales, la et les guerres, pour construire un mouvement de résistance internationale contre le capitalisme, les États et leurs volontés de domination.

La Lettre des militant-e-s syndicalistes libertaires Février 2003- Numéro 31


le capitalisme, on peut pas s’y faire!
le pacifisme, on peut pas s’y fier!

Bombardements réguliers depuis dix ans et offensive à venir, la guerre en Irak a débuté avec celle du Golfe, en 1991: c’était la première guerre mondiale dans un seul pays.

Cette guerre d’un nouveau genre en annonçait d’autres: Kosovo (1999), Afghanistan (2001-202), aujourd’hui l’Irak, demain l’Iran, le Pakistan? la Corée?… Les délais se réduisent en même temps que l’épaisseur des prétextes.

Depuis le 11 septembre 2001, l’administration américaine et le complexe militaro-industriel ont parié que le joker antiterroriste suffirait pour faire accepter la rotation plus rapide des cibles de la guerre mondiale tournante.

Parallèlement, les gouvernements du monde ont entrepris d’instituer un état de guerre permanent à l’intérieur de leurs propres frontières. C’est ce que Colin Powell appelle «tisser la lutte antiterroriste dans la toile même de nos institutions nationales et internationales [20 janvier 2003, à l’ONU]». Et ce sont: la législation européenne antiterroriste, qui permet de criminaliser les occupations ou les manifestations; les lois sécuritaires de Jospin, Raffarin et Sarkozy; le mandat d’arrêt européen ; le contrôle de l’immigration; la remise en ordre du système bancaire et financier; la suppression des garanties légales aux États-Unis; l’interdiction d’organisation séparatistes en Espagne ou en Chine, etc. Les mêmes mesures servent à la fois à contenir les luttes sociales et à réguler certains effets de la mondialisation, jugés excessifs par les capitalistes (flux migratoires et financiers incontrôlés).

Sous couvert de lutte antiterroriste, l’état d’exception, jadis décrété pour des périodes limitées, tend à devenir la norme quotidienne. Il n’y a donc plus de différence entre l’état de guerre et la paix sociale, l’extérieur et l’intérieur, les méthodes des «ennemis» et celles des démocrates. Dans son discours sur l’état de l’Union, Bush a annoncé comme une nouvelle réconfortante l’assassinat par les services américains de «nombreuses personnes», arrêtées et exécutées en secret. Les maîtres du monde croient ainsi pouvoir renoncer aux précautions du langage démocratique dont ils se forçaient à user jusque-là.

Tout le monde sait aujourd’hui que la guerre du Golfe et son actuel prolongement ont des motivations géo-stratégiques, financières et énergétiques. Au-delà du pétrole, de son exploitation directe (Irak) et de son transfert (Afghanistan, Balkans), il s’agit aussi d’isoler la Russie et de créer des protectorats dans l’ancien bloc de l’Est. Colin Powell résume l’objectif de la Maison-Blanche: «Remodeler fondamentalement cette région d’une manière fortement positive, qui fasse progresser les intérêts américains [6 février 2003, Sénat US]». Le premier succès de cette politique est d’avoir damé le pion à l’Union européenne: l’allié britannique a entraîné une fronde contre l’axe franco-allemand. De son côté, Chirac joue la fermeté pour pouvoir négocier son engagement au prix fort. Les accords franco-irakiens d’exploitation pétrolière sont suspendus par l’embargo: Blair espère en faire des chiffons, et Chirac espère sauver les meubles.

Comme toujours, ce sont les peuples qui font les frais des rivalités entre puissances. Plus que jamais, l’internationalisme est de mise puisque nous avons partout des ennemis communs: assassins fanatisés, mercenaires d’État, exploiteurs mondialisés.

N’espérons pas la paix d’un adversaire capitaliste dont la survie dépend de la guerre. Félicitons-nous plutôt qu’il tombe le masque et luttons pour nos propres objectifs: une révolution, communiste et libertaire.

Pacifistes, encore un effort !...

Une guerre préparée par les Etats-Unis menace l’Irak alors même que les bombardements sur ce pays n’ont pas cessé depuis la première attaque en 1991.

Une population décimée et appauvrie confrontée à une répression féroce, un pays en partie détruit mettraient-ils subitement en danger le monde entier ?

Aucun des arguments avancés pour mener cette opération guerrière ne convainc : ni la présence d’éventuelles armes nucléaires ou chimiques, ni une lutte tous azimuts contre le “ terrorisme international ”, ni l’épouvantail d’un dictateur installé au pouvoir par ceux-là mêmes qui veulent maintenant le déloger pour prendre le contrôle d’une région stratégique. Depuis la chute du bloc de l’Est, l’équilibre des rapports de force internationaux est bouleversé et les Etats-Unis se doivent de défendre leur position de maîtres du monde, position qui apparaît aujourd’hui de plus en plus contestée.

L’effet “ 11 septembre ” justifie de plus en plus mal l’instauration d’un état de guerre permanent permettant aux Etats-Unis aussi bien qu’à certaines puissances européennes de poursuivre leurs attaques impérialistes respectives. A ce propos, les opérations militaires de l’Etat français en Côte d’Ivoire ne provoquent pas dans le pays les mêmes réactions d’indignation que la politique des Etats-Unis.

Cette offensive contre l’Irak ne montre pas seulement, une fois de plus, que la guerre est le mode de fonctionnement “ normal ” du capitalisme. Elle laisse aussi entrevoir l’accentuation des conflits d’intérêts entre les grandes puissances, en particulier entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne d’un côté, la France et l’Allemagne, de l’autre. La progression rapide des budgets militaires dans la plupart de ces pays témoigne d’ailleurs d’une tension croissante. D’un côté, cette guerre est une nécessité pour les Etats-Unis afin d’opérer une démonstration de force et prouver à leurs concurrents européens qu’ils comptent rester la première puissance militaire mondiale. De l’autre, l’opposition de la France et de l’Allemagne face au lancement des opérations militaires cachent mal la défense de leurs propres intérêts stratégiques et économiques. Pour sa part, la France cherche à sauvegarder les relations économiques et politiques privilégiées qui la lient au pouvoir irakien depuis plusieurs décennies. Les Etats-Unis, eux, beaucoup moins dépendants de l’étranger pour leurs approvisionnements en sources d’énergie que l’Europe ou le Japon, sont prêts à agir en solo et à prendre le contrôle d’une région, plus pour sa situation géo-stratégique que pour ses puits de pétrole.

Cet état de guerre permanent qui fait se succéder, de façon de plus en plus rapprochée dans le temps, les opérations militaires (Irak, Kosovo, Afghanistan et en prévision Iran, Corée du Nord...) apparaît de plus en plus comme une fuite en avant incontrôlée et à courte vue, témoignant des contradictions dans lesquelles s’embourbent les initiateurs : d’une part, ces opérations vont aggraver les conflits latents et ouverts au Moyen Orient, région déjà sous tension permanente ; d’autre part, le contrôle politique du territoire irakien après l’intervention militaire est aussi incertain et bancal que celui mis en place en Afghanistan. De plus, les mobilisations anti-guerre aux Etats-Unis, dans un contexte certes différent de celles qui réagissaient à la guerre du Vietnam, marquent une opposition à la dégradation de la situation économique et l’appauvrissement rapide d’une bonne partie de la population américaine.Cette accélération guerrière est directement liée au durcissement aussi bien répressif qu’économique dans la plupart des pays. Voté à la suite du 11 septembre aux Etats-Unis comme en Europe sous couvert de “ lutte internationale contre le terrorisme ”, l’arsenal de lois répressives et sécuritaires permet aux Etats de mettre sous contrôle leur propre territoire intérieur. Associées à l’aggravation des conditions de vie (licenciements en chaîne, réforme des retraites et de l’assurance chômage...), ces lois à géométrie variable servent aussi bien à mener des arrestations et des assassinats de présumés islamistes (aux Etats-Unis par exemple) qu’à mettre sous contrôle tous ceux qui pourraient bien rechigner à payer le prix de ces guerres, non de leur vie mais par l’accroissement de leur misère.

Les marches pour la paix, aussi sincères qu’elles puissent être, n’ont jamais empêché les guerres et n’auront aucun effet sur celle qui se prépare : à quoi sert de dire “ marchons tous ensemble pour refuser l’horreur de la guerre ! ”, sans proposer de remettre en question la société qui les produit ?

En appeler au pacifisme pour enrayer cette déferlante guerrière n’a pas plus de sens que de promouvoir la régulation ou le contrôle d’un système qui produit ses propres dérèglements.

Réfléchissons plutôt aux moyens de lui régler son compte !

Oiseau Tempête - 21ter rue Voltaire - 75 011 Paris — MAIL


QUOI DE NEUF SUR LA GUERRE ?

Depuis des mois maintenant, l’actualité bégaie un jour oui, un jour non, et le lende-main peut-être, sans que finalement personne ne sache où on va.

Quel est l’intérêt des Etats-Unis à se lancer dans la guerre en Irak ? Abattre Saddam parce qu’il est un dictateur ? Rigolade quand on connaît le nombre de tyrans soutenus par les USA hier, aujourd’hui et demain. Les armes de destruction massive que détiendrait l’Irak ? Prétexte !

Les centaines d’inspecteurs de l’ONU ont fait des milliers de perquisitions sans rien trouver, y compris aux endroits top secret communiqués par les super-espions de la CIA. Et même si Saddam avait trois fioles de mort aux rats planquées dans sa cave, le danger serait inférieur, et de beaucoup, à celui, par exemple, des bombes atomiques Nord-Coréennes (que les USA tolèrent !) ou aux extraordinaires stocks d’armes dont les Etats-Unis menacent tous ceux qui refusent de marcher au pas de la Pax Americana.

Le pétrole dont l’Irak détient la seconde réserve mondiale après l’Arabie Saoudite ? Peut-être. Mais l’occident n’en a pas un besoin urgent : celui d’Arabie Saoudite, du Koweit, du Qatar, de mer du Nord, du Mexique, d’Asie centrale, etc lui suffit pour le moment. D’ici qu’il devienne indispensable, Saddam aura disparu depuis longtemps.

Par contre, on voit bien les périls que la guerre ferait courir au monde entier. D’abord, bien sûr, à la population irakienne qui, comme en 1991, risquerait de payer de dizaines ou de centaines de milliers de morts la haine du clan Bush pour le clan Saddam. On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs ni de guerre sans «dégâts collatéraux» ! Mais même du point de vue américain, la guerre est un pari risqué. L’armée US ne risque évidemment pas la défaite militaire. Par contre, les risques politiques sont énormes.

Maintenus dans la misère et sous l’oppression de régimes dictatoriaux et corrompus, les peuples de la région (plus d’un milliard d’humains du Maghreb au Pakistan et du Kazakhstan à l’Indonésie) sont en permanence au bord de l’explosion.

Autrefois, leur colère s’exprimait par la voix de leaders qui, même quand ils étaient loin d’être des démocrates, avaient des objectifs progressistes, comme Mustapha Kemal en Turquie ou Nasser en Egypte. Pour ne pas perdre le contrôle de ces pays (et de leurs ressources !), les grandes puissances, les USA à leur tête, ont combattu, discrédité, réduit ces courants modernistes. Ils ont étouffé l’espoir dans la solidarité internationale des opprimés et le changement de l’ordre économique et politique mondial. Résultat, alors que la pauvreté et l’ignorance font plus de ravages que jamais, le poison intégriste s’insinue dans les consciences, privées de réponses crédibles et généreuses.

La guerre serait peut-être un formidable tremplin au fanatisme et, pourquoi pas, une occasion d’établir des dictatures obscurantistes sur des pays fragilisés comme le Pakistan, l’Egypte et d’autres. Les Etats-Unis font jouer la planète à une sorte de roulette russe… qui, si la balle est dans le canon, pourrait se terminer par un conflit généralisé.

Heureusement, tout n’est pas joué. Partout dans le monde, et aux Etats-Unis aussi, des manifestants se mobilisent, parfois par centaines de milliers, pour arrêter la marche criminelle de Bush à la guerre. C’est dans cette voie qu’il faut poursuivre. D’abord pour empêcher les apprentis sorciers du Pentagone de nuire. Mais aussi afficher la solidarité des peuples des pays riches avec ceux des pays pauvres. Leur dire que la guerre dont Bush menace le monde n’est pas celle des peuples d’Occident mais celle des exploiteurs contre tous les peuples. Ceux des pays qu’ils pillent, évidemment. Mais aussi leurs propres populations exploitées ou réduites au chômage. Et du même coup, offrir de vraies alternatives aux convulsions et aux horreurs auxquelles le capitalisme condamne la terre entière : celles de la solidarité internationale des peuples contre la misère et contre les oppresseurs, qu’ils portent le haut de forme de l’Oncle Sam ou le turban des intégristes.

MANIFESTATION LE 15 FEVRIER LA VRAIE SOLIDARITE !

Cinquième zone
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LES PEUPLES EN PAIX CONTRE LA GUERRE

Bush a réussi sa mobilisation ! Pas celle qu’il recherchait, sans doute, mais celle des millions de manifestants qui les 15 et 16 février se sont relayés, sur tous les continents, pour crier dans toutes les langues leur refus de la guerre en Irak voulue par l’apprenti sorcier Bush et ses marmitons Blair, Aznar, Berlusconi et les autres.

Des centaines de milliers à Paris et à Berlin, deux à trois millions à Rome, plus d’un million à Madrid, autant à Barcelone et à Londres, des centaines de milliers en Australie et au Canada (par moins 20°!), dans des dizaines vil-les en France. Partout dans le monde, y compris dans les villes américaines, on a défilé contre l’arrogance du Shérif universel qui s’arroge le droit de décider de la loi, la sienne, de son application et des sanctions. La loi du plus fort, celle de la jungle.

Même aussi importantes qu’elles ont été, ces manifestations ne suffiront peut-être pas à faire rengainer son artillerie au cow-boy de la Maison blanche.

Il en faudra probablement d’autres, encore plus nombreuses. Mais les 200 à 300 000 manifestants dans les rues de New-York, 100 000 à San Francisco, 20 000 à Hollywood, sont un avertissement qui doit rappeler de mauvais souvenirs aux généraux américains : la guerre du Vietnam ne pouvait pas être gagnée sur le terrain, dans les rizières et les marécages indochinois. Elle a été perdue sur les campus des universités américaines et dans les rues de toutes les villes, aux Etats-Unis et dans le monde, où les manifestants se sont dressés contre le martyre du Vietnam obligeant le président de l’époque, Nixon le tricheur, à jeter l’éponge et l’armée américaine à rentrer à la maison avec ses morts et ses blessés.

Bush s’en ira peut-être en guerre, avec ou sans accord de l’ONU. Mais, si c’est le cas, jamais un conflit n’aura été engagé avec autant d’opposants dans la rue, y compris aux Etats-Unis mêmes... un pari risqué !

Outre leur opposition à l’agression américaine, les millions de manifestants ont fait la preuve que la guerre qui s’annonce n’est pas celles des peuples des pays riches contre ceux des pays pauvres. Ils ont au contraire marqué leur solidarité aux populations des pays pauvre pillés par les entreprises des pays développés et subissant leurs dictateurs locaux souvent mis en place ou maintenus par les grandes puissances. C’est le cas de Saddam Hussein lui même, très largement soutenu et armé par les occidentaux pendant la guerre et délibérément maintenu au pouvoir par George Bush père à la fin de la guerre du Golfe pour réprimer les peuples irakien et kurde qui se soulevaient.

Enfin, et c’est peut-être le plus encourageant pour l’avenir, ces manifestations témoignent de ce que les peuples du monde sont capables d’agir ensemble. De New-York à Melbourne, de San Francisco à Rome des gens par millions prennent parti dans un conflit lointain dont ils n’ont pas forcément le sentiment qu’ils auront à souffrir directement. Ils s’emparent d’idées, s’intéressent à tout — et pas seulement à leur univers quotidien ! — et pèsent pour que ce qui les révolte n’ait pas lieu. Ils font de la politique, celle qui consiste pour les peu-ples à prendre en main leurs propres destinées, à être solidaires de ceux qui sont menacés et à agir pour que, par delà les océans et les déserts qui les séparent (de moins en moins !), par delà aussi les particularismes (nationaux, ethniques, religieux, etc) que cultivent les dictateurs et les aspirants dictateurs, la solidarité s’exprime dans un combat pour un monde plus juste et plus fraternel.

CESAR

Quelle promotion ! Après avoir reçu le César du super -menteur en 2002 (plus le César d'honneur de super-escroc pour l'ensemble de son oeuvre à la mairie de Paris), Jacques Chirac serait nominé pour le prix Nobel de la paix en 2003. Pourtant si jamais demain, en échange par exemple de contrats d'exploitation pétrolière pour Total ou des contrats de reconstructions pour Bouygues et cie en Irak, Chirac se mettait à soutenir les USA, ils auraient l'air malin ceux qui pensent qu’il pourrait être un allié des populations contre la rapacité des Etats-Unis.

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 AH ! DIEU QUE LA GUERRE A BON DOS !

La mine renfrognée, le ministre de l’Economie Francis Mer vient de déclarer que les 2,5% de croissance économique sur lesquels comptait le gouvernement ne seraient sans doute pas atteints cette année... à cause du frein que constituent les risques de guerre, prétend-il. En clair, le ralentissement de l’économie risque fort de se traduire par des vagues de licenciements supplémentaires et par un nouveau bond du chômage.

Mer fait des bulles pour camoufler l’océan ! Que le chômage ait de fortes probabilités d’augmenter dans les mois qui viennent est d’autant plus évident qu’il a déjà commencé à le faire. LU, MétalEurop, Daewoo, Arcelor, etc… avaient prévu leurs fermetures d’usines bien avant que Bush ne commence à rouler des mécaniques devant Saddam et que Chirac ne se découvre "pacifiste" !

C’est que, d’une certaine façon, les patrons n’ont pas le choix : même si les ventes ne diminuent pas, la concurrence les oblige à « réduire leurs coûts » comme ils disent, ou, pour parler clair, à diminuer le nombre de leurs salariés et faire trimer ceux qui restent plus vite ou sur des machines plus performantes. Ce n’est pas la "volonté" de tel ou tel patron qui est en cause, c’est le fonctionnement même du système !

Quand à Mer (ou Montagne ou Campagne, peu importe le nom du ministre, c’est la fonction qui compte), il est là pour donner un « habillage » aux décisions patronales. Et, aujourd’hui, le prétexte, c’est la guerre… avec le risque, du point de vue des emplois, que certains patrons fassent comme les pétroliers qui profitent des marées noires pour faire du dégazage sauvage. Autrement dit, licencier ceux qu’ils avaient de toute façon prévu de virer… sous prétexte de guerre!

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CONTRE LA GUERRE IMPERIALISTE
NOTRE UNIQUE ALTERNATIVE
GUERRE CONTRE LE CAPITAL

Prolétaire, souviens-toi que pour maintenir l'ordre social, l'armée américaine, dans son rôle de gendarme international, a déclenché la guerre contre l'Irak en
1991. Prolétaire, souviens-toi que nos frères de classe ont répondu par la guerre contre leur propre bourgeoisie:

En rompant les rangs...
En retournant leurs armes contre leurs propres officiers...
Par L'INSURRECTION!

Prolétaire, souviens-toi que, face à cette lutte, les deux ennemis irréductibles se sont unis pour massacrer nos frères insurgés.

Prolétaire, n'oublie pas que, lorsque tu luttes, la bourgeoisie est toujours unie!

Dès aujourd'hui, opposons à l'union de la bourgeoisie, l'union grandissante du prolétariat

Ceux qui hier étaient d'accord pour imposer l'embargo, tuant plus d'1 million et demi de prolétaires, t'appellent maintenant à manifester pour la paix :

NI GUERRE, NI PAIX!
REVOLUTION SOCIALE!

Comme pour nos frères en Irak, notre ennemi est notre propre bourgeoisie!

NI SADDAM, NI BUSH, NI CHIRAC, NI BEN LADEN, NI FISCHER, ... !

Prolétaire, seule ta soumission rend les massacres possibles.

Empêchons la guerre par notre action directe!
Organisons-nous en dehors et contre toutes les solidarités nationales
Provoquons la défaite de notre propre camp
L'ennemi est dans notre propre pays!
Refusons tous les sacrifices!

Contre la dictature de l'économie,
Imposons la dictature de nos besoins!

Camarade, n'hésite pas à reproduire tout ou partie de ce tract, il est l'expression d'une classe qui vit, qui lutte pour supprimer sa propre condition de salarié.

Groupe Communiste Internationaliste (GCI)
Adresse: BP 54 - Saint-Gilles (BRU) 3 - 1060 Bruxelles
Internet
Email


Libertaires contre toutes les guerres

La perspective d'une nouvelle guerre du Golfe paraît chaque jour plus inéluctable.

En même temps, les guerres coloniales se multiplient, en Tchétchénie, en Côté-d'Ivoire, en Palestine, etc. Des conflits ensanglantent le monde entier, soit ouvertement menés par les Etats riches, soit manipulés au profit du capital, en particulier des multinationales.

La capitalisme a besoin des guerres pour maintenir sa domination. Elles sont dirigées contre les pays pauvres, afin d'exploiter leurs richesses naturelles au profit des pays dominants et au détriment des populations locales. Elles surviennent souvent après de longues années de soutien occidental aux dictatures en place. C'est le cas par exemple en Irak, où Saddam Hussein a été longtemps aidé par les pays riches avant de devenir un homme à abattre. Lorsque les Etats riches font la guerre, ils ne se préoccupent pas une seconde des peuples. Leur libération de la dictature qui les opprime est pourtant une nécessité. Il est d'autant plus indécent de s'en servir comme d'un prétexte pour bombarder ces populations!

Les "décideurs" des pays riches le reconnaissent même avec cynisme: la guerre serait une "bonne chose" pour sortir de l'"incertitude économique". En décrypté: le pillage des richesses naturelles de certains pays est nécessaire pour accroître les bénéfices des grandes entreprises. Et investir dans l'armement et l'"antiterrorisme" plutôt que dans les services publics et sociaux est le choix de société clairement fait par tous les dirigeants occidentaux.

Mais ces guerres sont avant tout des guerres d'hégémonie, avant même toute considération sur leurs motivations économiques. Elles sont des guerres d'influence entre pays dominants, pour démontrer et renforcer leur suprématie. Les Etats-Unis veulent démontrer leur toute-puissance militaire pour réduire au silence, par la terreur, toute remise en cause de leur hégémonie et toute contestation du pillage de la planète organisé à leur profit.

Le capitalisme doit terroriser les populations pour continuer à les exploiter. Les guerres impérialistes menées par les pays riches sont l'écho extérieur des politiques sécuritaires menées à l'intérieur. Les conflits militaires et la criminalisation de la pauvreté sont les deux faces d'une même pièce de 1 dollar ou 1 euro !

Le véritable "Axe du Mal", responsable de centaines de milliers de morts dans le monde, c'est le capitalisme, la course au profit, l'exploitation qui engendre la misère et le désespoir. Les chefs d'Etat qui se réuniront à Evian (France) en juin prochain à l'occasion du prochain G8 sont des criminels, à la fois de guerre et économique.

Ils s'arrogent le droit de décider dans les pays riches, malgré des systèmes politiques élitistes et de classe (élection par chantage de Jacques Chirac en France, fraude électorale pour l'élection de Georges W. Bush, pratiques mafieuses pour Silvio Berlusconi, Poutine élu à la faveur d'une guerre qu'il a déclenchée, etc.). Ils imposent en plus leurs décisions au reste du monde. 8 personnes qui décident pour 6 milliards, ce n'est pas le justice! Ils violent les règles internationales les plus minimales (comme à Guantanamo où 600 prisonniers sont détenus en toute illégalité); ils ignorent les décisions des systèmes internationaux fantoches qu'ils ont pourtant eux-mêmes mis enplace, comme l'ONU, pour faire croire à leur volonté démocratique.

Partout dans le monde, nos organisations, syndicats, réseaux et communautés s'opposent aux guerres et participent à construire un vaste mouvement du refus de la barbarie. Soyons toujours plus nombreux, et nous pourrons mettre en échec la logique de mort du capitalisme.

La guerre sert toujours les riches, elle tue toujours les pauvres.

* Non à la guerre en Irak, en Tchétchénie, en Palestine, en Côte-d'Ivoire
* Pour un désarmement et une démilitarisation partout dans le monde
* Liberté pour les peuples et droit à l'autodétermination
* Solidarité avec les peuples victimes des dictatures

Premiers signataires: Agencia de difusion alternativa Macandal (Argentine), Collectif A-infos, Alternative libertaire (France), Anarchist Black Crescent (Ankara, Turquie), Anarchist Black Cross Düsseldorf (Allemagne), Assembleia Libertária do Porto (Portugal), Confederacion General del Trabajo (Espagne), Comité indigène populaire d'Oaxaca-Ricardo Florès Magon (Mexique), Emergency Mass action, Federaçao Anarquista Gaucha (Brésil), Fédération anarchiste allemande - Groupe de Düsseldorf (Allemagne), Federazione dei Comunisti Anarchici (Italie), Industrial Workers of the World-Thunder Bay Branch (Ontario, Canada), No Subject Collective (Connecticut, Etats-Unis), Red Libertaria Apoyo Mutuo (Espagne), Unicobas (Italie), Zadar Anarchist Front (Croatie)...

Si votre organisation souhaite signer ce texte, envoyez un message à international@alternativelibertaire.org


GUERRE À LA GUERRE !

** LA GUERRE POUR L'OR NOIR ET SURTOUT LE MAINTIEN DE LA SUPRÉMATIE MONDIALE!

Les armes de destruction massive, essentiellement stockées aux USA comme chacun-e le sait, ne servent que de prétexte à l'administration Bush pour frapper l'Irak. De la même façon, les liens entre Bagdad et Al Quaïda ne sont pas plus prouvés, alors que les relations entre le clan Bush et la famille Ben Laden existent de longue date. La guerre "préventive" de Washington devrait selon les estimations américaines faire 500 000 morts irakiens et pousser un million de réfugié-e-s hors d'un pays meurtri depuis dix ans par des bombardements alliés réguliers! Mais qu'importe pour les futurs bénéficiaires du conflit! L'Etat US veut mettre la main sur le territoire irakien pour assurer à ses compagnies pétrolières un approvisionnement garanti. Mais en implantant ses armées durablement au cŌur du Moyen Orient, il cernera un peu plus ses futurs rivaux potentiels, la Russie et la Chine qui pourraient menacer un jour sa domination mondiale, économique et militaire. Le Pentagone vient d'ailleurs de positionner 24 bombardiers à proximité de "l'Etat-voyou" de la Corée du Nord: l'invasion de l'Irak ne mettra pas en défaut le contrôle militaire US sur le monde!..
 

** CHIRAC ANTIMILITARISTE ?

L'Etat français, qui prétend toujours à un grand rôle international, conteste le recours à la force non par antimilitarisme ou par pacifisme. En réalité, des navires de guerre français sont déjà dans le Golfe Persique, des blindés allemands à l'entraînement au Koweit et Francis Mer, ministre français de l'économie disait déjà en novembre dernier être d'accord avec un grand banquier allemand qui déclarait :"La seule solution pour relancer l'économie, c'est la guerre"! Le gouvernement Raffarin, a augmenté en septembre les crédits de l'armée et promis un second porte avion, accru ceux de la police et de la justice, en taillant dans les crédits sociaux. Ce même Raffarin est actuellement en Inde pour vendre 2 milliards d'euros d'armement...

Cette guerre promise par les Etats-Unis veut démontrer au monde sa suprématie militaire. Chirac et Schröder (premier ministre allemand) refusent que l'Europe soit le vassal des Américains. Ils veulent affirmer que cette dernière doit devenir elle aussi une puissance à part entière aussi bien en terme économique ? elle est la première mondiale ? que politique et militaire. Et l'on peut analyser les guerres actuelles aussi sous l'aune de la guerre économique que se livrent ces deux entités (Europe et Etats-Unis).
 

** AVEC LA GUERRE, HAINE ENTRE LES PEUPLES ET RÉPRESSION DES MOUVEMENTS SOCIAUX AU NOM DE LA SÉCURITÉ !

La guerre d'Irak va encore démontrer aux populations arabes, musulmanes, et plus largement aux pays moins industrialisés de la planète une réalité: les pays occidentaux sont toujours prêts, comme à l'époque de la Traite des Noirs, à écraser sous leurs bottes n'importe quelle population pour maintenir la rentabilité capitaliste.

Le modèle occidental (pourtant très contesté par ses populations) dans sa volonté de suprématie et d'écrasement des autres peuples et cultures va ainsi dresser contre lui toujours plus de réactions et de haines. Alors que Bush, Chirac ou Poutine prétendent faire la guerre pour la sécurité, ils vont semer la ranc|ur et la vengeance entre les peuples.
 

 Mais ces futurs attentats prévisibles sont pour eux la meilleure chose qui puisse arriver. Quand les pauvres et moins pauvres se battent entre eux, les riches profitent ! Si une résistance sociale contre les classes possédantes émerge, elle devra alors affronter la répression "sécuritaire" chère à Sarkozy, mais aussi les divisions internes entre populations exploitées!
 

**A ANGERS EN AVRIL, A EVIAN EN JUIN LES HUIT ETATS LES PLUS RICHES DÉCIDENT DU SORT DE LA PLANÈTE!

Alors que la guerre contre les peuples d'Irak est imminente, les sommets internationaux du G8 qui servent de vitrine au gouvernement mondial sont prévus dans l'Hexagone (24,25,26 avril à Angers ? 1,2,3 juin à Evian). Cette année plus que les autres, ce G8 servira à asseoir le droit des puissants à maintenir le monde dans l'injustice et la barbarie.

Le Collectif de Lutte Anti G8 Nantes dénonce ces sommets, où les décisions iniques préparent justement les guerres comme celle programmée en Irak!
 

Le CLAG G8 appelle à manifester contre la guerre en Irak samedi 15 février 2003, à 14 H 30, place Royale à Nantes.
clag8 c/o CITÉ BP 131 44403 Rezé cedex
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LE CAPITALISME, C'EST LA GUERRE !

La construction de l´ennemi

Depuis le 11 septembre 2001, les États Unis sont garants du bien, de la civilisation et de la démocratie. Ils ne masquent plus leur volonté de puissance et de domination et, sous prétexte de croisade, imposent au monde une recomposition de l´ordre capitaliste mondial. Celles-ci passent d´abord par la construction de l´ennemi qui met en péril les
intérêts américains, fait récurrent dans l´histoire des États Unis. Après avoir combattu le bloc communiste et orchestré la chasse aux sorcières, l´Amérique a construit un nouvel adversaire : l´Islam en les personnes de Saddam Hussein ou de Ben Laden. Ces figures de dictateurs richissimes et sanguinaires, surfant sur une vague de pétrole, ont été érigées en incarnations de Satan. Ils fonctionnent comme de parfaits repoussoirs et font oublier que les États Unis eux-mêmes se comportent comme une dictature économique qui détient le plus important complexe militaro-industriel de la planète et qui n´a jamais hésité à faire commerce d´armes pour financer les plus féroces dictatures dans le monde entier, "pour le bien de la civilisation et de la démocratie", bien entendu.

Aujourd´hui, le méchant, c´est Saddam Hussein que l´on représente sous les traits d´un monstre qui ne fait aucune concession et qui met en péril la pseudo démocratie américaine. Ainsi, le personnage est diabolisé et l´on noircit la plus banale de ses actions. La figure de Saddam fonctionne telle une marionnette, un épouvantail coupable de
menacer les intérêts américains et, par là même, la liberté du monde occidental. De cette manière, les délires protectionnistes et sécuritaires les plus archaïques s´avèrent justifiés et l´Amérique peut sombrer dans la paranoïa et dans la peur...

La représentation médiatique

Les images de deux tours qui s´effondrent, de Ben Laden dans sa caverne, du prétendu arsenal irakien défilent et Colin Powell brandit, au siège des Nations Unies, une fiole contenant -soi-disant- de l´Anthrax. Le geste se veut symbolique et résume bien la psychose ambiante relayée par les médias et plus particulièrement par la télévision, avide de spectaculaire. En usant de grosses ficelles, les médias occidentaux manipulent l´opinion publique et représente la guerre comme une issue plus que nécessaire : incontournable. La médiatisation, voire la sur médiatisation, prend une part capitale dans la préparation et dans la présentation du conflit. On entend, à toutes occasions, s´élever la voix des États Unis réclamer la guerre et faire pression sur les puissances qui lui sont "alliées", même s´il est vrai que le jeu de manipulation se craquelle quelque peu aujourd´hui tant les arguments des va-t-en guerre sont grossiers.

Tous unis derrière Chirac ?!

Ainsi, en France, le front contre la guerre s´élargit chaque jour davantage jusqu´à Chirac qui nous refait le coup du 21 avril 2002. Après Chirac premier antifasciste de France, élu à 82 % comme dans n´importe quelle dictature, le voilà premier pacifiste anti-guerre pendant que ses amis Dassault, Lagardère et compagnie continuent de vendre les armes qui feront demain exploser la planète. (France: quatrième "exportatrice" d´armes dans le monde). La gauche, elle (ex-gauche plurielle PS, PC, Verts), se souvient qu´il y avait jadis quelques idées progressistes qui la traversaient.

Pro-guerre quand elle est au pouvoir, anti-guerre quand elle est dans l´opposition... Cela nous donne une idée de l´opportunisme de cette gauche admirable qui n´aspire qu´à retrouver le goût du caviar qu´elle a perdu. Par contre, en ce qui concerne la gestion quotidienne de la France, tout ce petit monde s´accorde sur la priorité numéro un: la sécurité.

La guerre permanente

Cette recomposition internationale et géopolitique ne doit pas nous faire oublier les transformations qui s´opèrent dans chacune des Nations occidentales y compris en France. la guerre contre le terrorisme implique  que toute personne, groupe, mouvement ou classe sociale qui tente de contenter l´ordre établi, qui inscrit son combat
politique hors du cadre fixé par le système (élections, lobbying) est rangé dans le camp ennemi.

La guerre contre le terrorisme est parfaite parce qu´extensible à souhait. Elle inclut tous les pôles de résistances aux politiques des démocraties occidentales, que ce soit dans les pays dominés ou en leur sein. La commission européenne a d´ailleurs redéfini le concept d´infraction terroriste le 20 septembre 2001:  est terroriste "tout acte
qui vise à menacer, à porter gravement atteinte ou à détruire les structures politiques, économiques ou sociales d´un pays." Selon cette définition, les luttes de libération nationales, les mouvements d´émancipation, les formes d´action directe, les grèves, les sans-papiers... sont terroristes.

Puisque les ennemis sont partout et que le terrorisme guette, le renfoncement de l´arsenal répressif et judiciaire et la militarisation de la société sont nécessaires...

Enfin, n´oublions pas la toile de fond économique qui sous sa forme capitaliste ultra-libérale, a tout simplement déclaré la guerre aux pauvres et aux insoumis. Depuis les années quatre-vingts, la contre révolution réactionnaire prend sa revanche en supprimant les uns après les autres les acquis sociaux acquis de haute lutte par le mouvement
ouvrier au cours de l´histoire.

Plus que jamais, le Medef déréglemente, les dirigeants d´entreprise veulent modeler ouvriers et employés à leur image et imposent leur modèle de rapport sociaux: "le travailleur docile", heureux de contribuer au développement de "son" entreprise jusqu´à la prochaine restructuration. Pendant ce temps-là, les chômeurs, comme les feuilles
mortes, se ramassent à la pelle et la précarisation des conditions de travail masque mal la condamnation sans appel des individus qui restent sur le carreau

A l´affirmation : "on ne peut tout de même pas engraisser les inutiles, les déclassés et autres fonctionnaires", le temps est revenu de rétorquer "nous n´allons tout de même pas laisser nous voler notre temps pour un salaire de misère et surtout leur laisser encaisser les dividendes avec le sourire." Votre conception des rapports sociaux, basée sur l´exploitation, la domination, le sexisme et le vol est ce que nous combattons et nous ne nous trompons pas d´ennemi !

Ainsi que signifie aujourd´hui dire non à la guerre ? Est-ce dire oui à Chirac ? Est-ce dire oui à Jospin et consorts ?

Pour nous, Scalp-Reflex Paris, du réseau No Pasaran, dire non à la guerre signifie dire non au capitalisme et à ses impérialismes et, oui à toutes les formes de luttes contre ce système qui tue en temps de guerre comme en temps de paix. Alors Ya Basta ! Le capitalisme ne se détruira pas tout seul, aidons-le !

SCALP-Reflex
Groupe parisien du réseau No Pasaran
21ter, rue Voltaire - 75 011 Paris
Tél : 01 43 48 54 95 / 06 98 92 78 65


CONTRE LA GUERRE !

Comme dans les mauvais films de série B, le scénario est connu, il ne ménage aucun suspense/. C'est entendu la guerre contre l'Irak aura lieu. C'est l'affaire de quelques semaines, d'un ou deux mois au plus. En attendant que les conditions climatiques s'améliorent... et que les forces alliées aient le temps de concentrer hommes et matériels en nombre suffisant. Et oui, même moderne, même chirurgicale, une bonne guerre ne se conçoit pas sans intendance.

Aucun événement ne paraît en mesure d'en retarder l'échéance, voire d'en éteindre la menace. En tout cas, pas la mission des inspecteurs en désarmement de l'ONU. En effet, comme ne cessent de l'affirmer les porte-parole e la maison blanche et du département d'état, l'absence de preuves d'une production d'armes de destruction massive sera considérée comme suspecte (1). C'est bien connu, le génie de la dissimulation et la fourberie des Irakiens sont sans bornes, constituant un risque peut-être plus grand que les armes elles-mêmes. donc, preuves ou pas, armes de destruction massive ou non, nos gendarmes mondiaux l'ont décidé : l'Irak doit payer ! La guerre aura lieu !

Quant aux États les moins bellicistes — l'Allemagne, la France et la Russie notamment — qui pour des raisons diverses — stratégiques et politiques — hésitaient à s'engager, ils rejoindront plus ou moins activement le giron américain, sous couvert ou non d'une résolution des Nations-Unies codifiant la future intervention et formant sa base juridique.

Bientôt nos postes de radio et de télévision bruisseront de nouveau des mâles accents d'experts en tout genre, nous expliquant doctement l'état des forces en présence, la comptabilité des pertes irakiennes, la subtilité du jeu tactique, la signification humanitaire des bombardements de haute altitude. A peu de distance, leur succéderont les exégètes en géopolitique qui conjectureront à perte de vue sur la possible partition de l'Irak, sur les conséquences de l'intervention dans une «région déjà tellement sensible et tellement peu favorable aux occidentaux» (2) Mais, prenons les paris, le thème le plus rebattu sera le sort réservé à Saddam Hussein : faudra-t-il de suite l'éliminer, l'incarcérer à Guantânamo avec les terroristes d'Al-Qaida ou bien le traduire devant une juridiction internationale pour crimes contre l'humanité ? A moins que, comme Oussama Ben Laden, il ne s'évanouisse dans la nature. Tant il est vrai que les occidentaux ne savent que faire de leurs anciens alliés, qu'hier encore ils armaient puissamment.

Les plus audacieux de nos commentateurs reviendront peut-être sur les 500 000 enfants irakiens morts, depuis la première du golfe, que l'embargo onusien, de la famine cyniquement organisée par le pouvoir dictatorial de Saddam Hussein et des bombardements anglo-américains. Mais pour en dire quoi ? Pour reconnaître que ce meurtre perpétré mezzo voce, froidement planifié durant plus de douze années, n'a soulevé aucune réprobation sérieuse de la trop fameuse communauté internationale. Pour dévoiler, de de point de vue-là, la parfaite inutilité de la guerre.

WAR WITHOUT A CAUSE ?

Car, chacun le ressent confusément, serions-nous face à une guerre sans justifications précises, sans causes clairement identifiées ? Le malaise est d'ores et déjà perceptible. Alors, dans les arrières-cours des chancelleries et des ministères, on s'affaire pour mailler la trame d'un argumentaire plausible de la justification.

Deux thèses complémentaires se dessinent (3) ;

— La première, vise la raison économique, inquiète pour le futur approvisionnement en or noir des États-Unis, dont la consommation ne cesse de croître (4), et désireuse de satisfaire aux exigences du lobby militaro-industriel (5), l'administration Bush s'apprêterait à préempter par la force les très importantes réserves pétrolières irakiennes (6). Ce faisant, après avoir pris le contrôle de la production des pays du Caucase et d'Asie centrale, après s'être assuré de la loyauté de ses vassaux du golfe persique, elle affirmerait à la face du monde le leadership mondial des compagnies nord-américaines dans ce secteur stratégique, se dotant d'un puissant levier de dissuasion économique à un moment où sa politique volontariste de soutien aux investissements privés accroît le risque d'une relance du déficit extérieur des États-Unis.

— La seconde est plutôt d'ordre géopolitique. L'intervention militaire pourrait s'entendre comme un moyen de dénouer les contradiction liées à la manière dont les occidentaux ont, durant plus de quatre décennies, tenter d'asseoir leur hégémonie politique, économique et idéologique sur cette région du monde. En effet, pendant cette période, ils ont aidé et armé massivement les pays — Arabie Saoudite, Irak, Israël, Pakistan, Turquie, etc. — et la nébuleuse des groupes paramilitaires et fondamentalistes — al-qaida, talibans, frères musulmans — qui pour des raisons diverses avaient intérêt à s'opposer aux visées expansionnistes de l'URSS. La cause première ayant de fait disparue — l'effondrement du bloc soviétique au tournant des années quatre-vingt dix —, certains de ces pays ont cru qu'ils pourraient partiellement se libérer de la tutelle occidentale, alors que certains de ces groupes devenaient, dans la pire confusion idéologique, des points de cristallisation des revendications sociales et identitaires de «populations» depuis trop longtemps bafouées, humiliées et exploitées. Bien que ni les uns, ni les autres ne puissent constituer une menace sérieuse pour l'ordre du monde, l'intervention militaire contre l'Irak viserait à prévenir toute velléité future de brouiller l'équilibre régional et à enclencher un processus de «démocratisation». Par ailleurs, elle serait décidée pour indiquer fermement «aux autres États voyous» que d'autres règles du jeu sont désormais en vigueur sur la «scène globalisée» des relations internationales, si tant est que ce dernier terme ait encore un sens (7).

UN NOUVEAU PARADIGME DE LA GUERRE

Ces justifications, y compris dans leur articulation dialectique, valent moins par la robustesse de leur construction interne, que comme le symptôme du changement de «paradigme de la guerre». Parler, comme nous le faisions précédemment, d'absence  «de causes clairement identifiées» ne signifie pas l'absence de causes «légitimantes», mais seulement que ces dernières ne sont plus intelligibles à partir des catégories propres à la guerre moderne, telles que Karl von Clausewitz les avait définies dans son ouvrage «De la guerre(8)

Brièvement, la guerre clausewitzienne prend acte d'une expérience fondamentale : elle est substantiellement liée au fait national, «La participation du peuple à la guerre, à la place d'un cabinet ou d'une armée, faisait entrer une nation entière dans le jeu avec son poids naturel. Dès lors, les moyens disponibles, les efforts qui pouvaient les mettre en Ōuvre, n'avaient plus e limites définies.(9)»

Avec Valmy, puis les campagnes napoléoniennes, la nation (ou ses succédanés) s'impose comme la référence dominante, quoique selon des aspects différents, des objectifs, de la justification, de la conduite et des effets de la guerre. Qu'il s'agisse d'en préserver la souveraineté, les frontières, les intérêts supérieurs ou, au contraire, d'en repousser les limites, la nation investit continûment les représentations idéologiques et les modes opératoires de la guerre moderne. La catégorie de nation a ceci de remarquable dans cette perspective, qu'elle exhibe en permanence un intérieur face à un extérieur dont il faut se protéger ou au contraire, s'emparer (10). L'analyse de la guerre impérialiste, même si elle déplace le champ catégoriel vers les conditions de l'accumulation et de la valorisation du capital, ne peut évidemment échapper à la problématique de l'intérieur et de l'extérieur. Ainsi, stigmatisant les conditions de la reproduction capitaliste, Rosa Luxembourg parle des «conquérants qui ont eu pour but de dominer et d'exploiter le pays, mais aucun n'a eu d'intérêt à dérober au peuple ses forces de production ni à détruire son organisation sociale (11)Il s'agit ici d'un extérieur «indigène» qui est intériorisé au mode de production capitaliste, comme la figure ordinaire des guerres coloniales et impérialistes (12).

Or, l'intervention qui se prépare contre l'Irak, comme dans une moindre mesure celles qui l'ont précédée — guerres du golfe, de Somalie, de Bosnie, d'Afghanistan, etc. — ne parvient pas à s'inscrire dans le schéma intérieur/extérieur, nation/environnement, pas plus qu'elle ne répond à la problématique courante de la guerre impérialiste. Dans l'organisation globalisée de l'espace mondial, l'épuisement historique de la forme état-nation rend pratiquement caduques les notions de frontières, de limites, et avec elles, les acceptions clausewitziennes de guerres populaires, totales, défensives ou offensives. Le processus de globalisation engendre, en même temps qu'il repose sur, un changement d'essence de la conception de la guerre et donc de ses usages.

L'indice de ce changement se décèle dans la justification des conflits qui, depuis une douzaine d'années, sont engagés au nom de la communauté internationale, au titre d'une norme de droit censée incarner les valeurs essentielles de la justice. Progressivement, un impressionnant appareil juridique supranational s'est constitué qui, disposant d'un pouvoir normatif réel, reconfigure et pénètre la loi domestique et, dans le même mouvement, transforme de l'intérieur les anciennes structures de régulation internationale, issues pour la plupart du second conflit mondial (13). Désormais, nous sommes entrés dans l'ère du bellum justum«de la guerre juste» (14), qui articule la banalisation de la guerre et son avènement comme un instrument éthique, eux idées justement que la pensée moderne et les États-nations avaient absolument rejetées (15). Le bellum justumimplique, dans sa construction même, deux conséquences importantes : d'une part, l'appareil militaire est légitimé puisqu'il est fondé en éthique, et, d'autre part, l'action militaire est reconnue comme efficace puisqu'elle est le moyen du rétablissement de l'ordre. Dans cette ligne de fuite, l'ennemi, tout comme la guerre, vient à être à la fois «banalisé» (réduit à un instrument de répression policière) et  «absolutisé» (comme empire du mal, axe des «États voyous», conflit de civilisation, ennemi de l'ordre éthique mondial) (16). Les déclarations récentes ou plus anciennes des dirigeants des grandes puissances recoupent très exactement cette double dimension.

LA GUERRE POST-MODERNE

Au fond, la guerre post-moderne s'impose comme un instrument permanent de l'ordre, comme un moyen d'intégrer tous les conflits, toutes les crises et toutes les dissensions internes à l'ordre mondial émergent. Elle est inscrite dans le mode de régulation commun des contradictions propre à la constitution de l'empire, comme l'ont remarquablement perçu, il y a presque treize ans, Gilles Deleuze et Félix Guattari, «nous avons regardé la machine de guerre [...] fixer sa vue sur un nouveau type d'ennemi, non plus un autre État ou même un autre régime, mais un ennemi quelconque»(17).

C'est en ce point précis que la différence entre la guerre moderne et la guerre post-moderne s'affiche avec le plus de netteté. conséquemment à l'affaiblissement de la distinction intérieur/extérieur, la délimitation entre forces armées et forces de police, opérations militaires et opérations de police tend à s'estomper. (18) A la déterritorialisation de l'ennemi, l'ennemi quelconque, la guerre, de basse ou de haute intensité, pourrait diffuser sur l'ensemble d'un monde désormais sans «rebords» et sans «dehors» (19). Dans ces conditions, la guerre ne peut plus être comprise comme la condition négative de la paix. elle ne précède plus la paix ou ne lui succède (20). En tant que puissance d'ordre, elle remplit, en un certain sens, l'idée régulatrice jadis dévolue à la paix. Moins qu'à une inversion des termes, nous assistons plutôt à leur hybridation ; dans l'espace mondialisé, la paix ne se trouve que dans la guerre.

Cette position nous conduit à être contre la guerre en préparation, plutôt que pour la paix. C'est d'emblée refuser les postures humanistes, moralistes ou pacifistes qui méconnaissent la nature radicalement nouvelle de la «guerre», se privant du coup des moyens de la combattre.

Être contre la guerre, c'est prendre le parti lucide de se soustraire à l'ordre mondial, c'est un acte de désertion revendiquée (21). Être contre la guerre, c'est en contester les justifications juridiques derrière lesquelles se nouent les linéaments des nouvelles formes de domination et d'aliénation planétaires.

Être contre la guerre, c'est d'abord se poser la question : qui décide de la définition de la justice et des principes éthiques ?

N'est-ce pas là, la seule attitude révolutionnaire possible ?

Fabrice Sacher
A Contre-Courant n° 142 — Février 2003.

(1) «L'absence de preuves n'est pas la preuve de l'absence d'armes de destruction massive. Il y a des choses que nous savons que nous savons. Il y a des choses que nous savons que nous ne savons pas. Et enfin, il y a ce que nous ne savons pas que nous ne savons pas.» Donald Rumsfeld, secrétaire américain à la défense, cité par Foreign Affairs,septembre-octobre 2002.
(2) Extrait de la rubrique de politique étrangère présentée le matin à 7h20 sur les ondes de France-Inter.
(3) Certains plaident pour la thèse psychanalytique ! Bush junior, dans une espèce d'aboutissement Ōdipien, s'apprêterait à «finir le boulot» que son père avait commencé, légitimant ainsi sa fonction patriarcale au sommet de l'État ! En somme, une nouvelle version du roman familial freudien !
(4) Entre 1997 et 1999, la consommation de pétrole a augmenté de 2,2% aux États-Unis, alors qu'elle baissait de 0,3% en europe, sources : BP/AMOCO ; par ailleurs, «selon les estimations, la consommation de pétrole aux États-Unis va augmenter de 33% sur les vingt prochaines années» extrait du rapport présenté par G.W. Bush le 17 mai 2002 sur les cinq priorités de sa politique énergétique, Washington Post,édition du 18 mai 2002 ; enfin, la consommation totale d'énergie des États-Unis s'est élevée en 1999 à 97 quadrillons de Btu (10 à la puissance 15), soit 25% de la consommation mondiale, alors que ce pays ne représente de 5% de la population de la planète, source : Agence américaine de l'Énergie.
(5) La famille Bush a constitué l'essentiel de sa fortune dans le négoce des hydrocarbures, in le Monde diplomatique, n°584, novembre 2002.
(6) L'Irak dispose de la seconde réserve pétrolière du golfe persique, soit 112,5 milliards de barils, in National Geographic,décembre 2002.
(7) D'une certaine façon, on pourrait dire que cette seconde guerre du golfe, comme moyen de purger les anciennes contradictions (sans préjuger des futures) et d'établir de nouvelles modalités de régulation du jeu mondial, ferme le cycle de transition ouvert par la première guerre du golfe à laquelle ont succédé les guerres de Bosnie, de Somalie et d'Afghanistan.
(8) Karl von Clausewitz, De la guerre,trad. de Vatry, ed. Calman-Lévy, Paris, 1989.
(9) Karl von Clausewitz, op. cité,p. 49.
(10) Les usages de la nation, du pays, de la patrie, etc., sont innombrables dans les discours guerriers ; parmi ceux-ci, le plus significatif est sans doute, par le retournement qu'il opère, celui prononcé par J. Staline qui, quelque jours après l'agression nazie contre l'URSS, abandonne toute référence à la glose de «l'internationalisme prolétarien» pour revenir aux notions plus civilisées de «citoyens» et de «nation russe» !
(11) Rosa Luxemburg, L'Accumulation du Capital,2 tomes, ed. Maspéro, Paris, 1976.
(12) Sur un registre voisin, nous pouvons noter que toutes les guerres révolutionnaires de la seconde partie du 20ème siècle se sont assez rapidement transformées en «guerre de libération nationale», ainsi le mot d'ordre le plus fameux de la révolution cubaine fut : la patria o la muerte !
(13) L'élaboration du droit d'ingérence illustre la nature de cette production normative supranationale et les conditions dans lesquelles elle pénètre la loi domestique ; par ailleurs, la transformation des modes d'intervention de l'ONU n'est pas anodine : les états souverains n'interviennent plus pour assurer ou imposer l'application d'accords internationaux volontairement conclus, désormais constitués en sujet supranational ils interviennent au nom de toutes sortes d'urgences et de principes éthiquement supérieurs.
(14) Sur le concept de guerre juste, voir : Norbetto Bobbio, Una guerra giusta ? Sul conflitto del Golfo,Venise, Marsilio, 1991 ; Michæl Hardt et Antonio Negri, Empire,Exils, Paris, 2002.
(15) Michæl Hardt et Antonio Negri, op. cit.
(16) Michæl Hardt et Antonio Negri, op. cit.
(17) Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille Plateaux,Éditions de Minuit, Paris, 1980.
(18) Pour en rester à la France, les tentatives de fusion des forces de police et gendarmerie, comme la multiplication par cinq, ces dix dernières années, des effectifs des forces spéciales qui échappent à peu près à tout contrôle sérieux et dont on sait l'efficacité sur tous les théâtres d'opération, vont incontestablement dans ce sens.
(19) Il n'est pas indifférent de constater que lors des émeutes de Los Angeles, ce sont les forces armées qui sont intervenue pour rétablir l'ordre ; de la même façon, il n'est pas indifférent de remarquer que les banlieues des grandes villes sont souvent désignées comme des «zones de non droit», à un moment où les interventions militaires/policières sont décidées et justifiées au nom du rétablissement du droit ; la férocité de la répression policière/militaire lors d'un sommet du G8 en juillet 2001 à Gênes en est un autre exemple.
(20) Antonio Negri, Du retour, abécédaire biopolitique,ed. Calman-Lévy, Paris, 1992.
(21) «Ces monuments aux déserteurs représenteront aussi ceux qui sont morts dans la guerre, parce que chacun est mort en maudissant la guerre et en enviant le bonheur du déserteur. La résistance naît dans la désertion» Partisan antifasciste,Venise, 1943.



De l'anti- impérialisme au pacifisme : l'absence de perspectives révolutionnaires

La guerre n'est plus le moteur de l'Histoire

1- Elle ne l'est plus pour le capital

  La tendance à l'Empire remplace l'impérialisme. Si la domination des pays riches sur les pays pauvres et celle des capitaux dominants sur les capitaux dominés perdure, il n'empêche que ce sont les échanges entre zones à capitaux dominants qui représentent l'essentiel du commerce mondial. C'est le processus de totalisation du capital qui détermine la place hiérarchique de chacun et qui éventuellement, procède à une redistribution des cartes. Dans cette optique, le pétrole ne représente qu'une survivance de l'économie de la rente et la détermination de son prix ne peut continuer longtemps à échapper à un véritable prix de marché. On aperçoit ici la nouveauté. Dans la phase impérialiste classique, que l'on peut dater du dernier tiers du XIXe siècle jusqu'aux années 30 du XXe, il s'agit de posséder ce dont on a besoin pour assurer sa puissance et donc aussi de gagner des territoires et leurs habitants. Le développement des firmes multinationales de la Seconde Guerre mondiale aux années 70 représente déjà une autre forme de conquête où ce ne sont plus que des marchés qui se gagnent même si c'est parfois à l'aide de coups d'État. Cela n'est plus le cas aujourd'hui avec "les investissements directs à l'étranger" qui doivent assurer la fluidité des échanges et le contrôle de l'accès aux produits stratégiques. L'écroulement du bloc "socialiste" n'a fait qu'accentuer un processus déjà bien avancé par la construction de grandes structures supra-étatiques dépassant les querelles historiques entre nations (CEE, AELE). Même sans gouvernement mondial, il n'y a plus de guerre au sens classique, mais de simples opérations de police dont les interventions au Panama, en Irak et en Afghanistan nous fournissent des exemples.  Les interventions humanitaires comme dans l'ex-Yougoslavie ont la même fonction. Il n'y a plus de nécessité à conquérir des territoires quand il s'agit seulement de les contrôler.

2- Elle ne l'est plus pour les révolutionnaires

Pendant longtemps la guerre a été considérée comme l'accoucheuse de l'Histoire (Engels). Mais l'engendrement ne donnant pas la progéniture attendue, les marxismes-léninismes théorisèrent les notions de "défaitisme révolutionnaire" des prolétaires par rapport à leur bourgeoisie nationale et de "retournement de la guerre bourgeoise en guerre civile révolutionnaire". Cette conception a atteint son point culminant avec la révolution russe de 1917 et  les révoltes de soldats en France et en Allemagne pendant la Première Guerre mondiale. Les conseils de soldats seront l'émanation de cette révolte avant d'être balayés par l'État soviétique et la contre-révolution allemande. On eut même ensuite un exemple inverse en Espagne avec une révolution qui fut détournée en guerre inter-impérisaliste, ce qui a entraîné de nombreuses polémiques quant à la caractérisation exacte de l'événement. La conception d'un "débouché révolutionnaire" à la guerre inter-impérialiste atteint sont point le plus bas à la fin de la Seconde Guerre mondiale qui voit le prolétariat international rendre les armes au nom de la démocratie ou du socialisme d'État.

En dehors des courants pacifistes intégraux — assimilés à "l'esprit de Munich", contraires à l'idéologie de la Résistance et donc sortis très affaiblis de la Seconde Guerre mondiale — se développent alors des mouvements anti-impérialistes qui vont se trouver piégés par la nouvelle configuration du monde : celle d'un monde bipolaire qui implique qu'une lutte principalement orientée contre un impérialisme revient à renforcer l'autre. Dès lors, soutenir les mouvements de libération nationale n'affaiblit pas vraiment l'impérialisme puisque celui-ci modifie sa forme de domination (néo-colonialisme) et que les pays nouvellement indépendants se rallient presque tous à l'un des pôles de la division du monde. Cette réalité rend sans issue toute perspective "tiers-mondiste".

A partir de là, le capitalisme global va structurer son nouvel ordre par d'autres moyens.

Depuis l'écroulement de l'URSS et la marche vers l'unité du monde, les "opérations de guerre" se mènent au nom de la paix. Il est donc difficile de réactiver un pacifisme traditionnel qui s'appuie sur la critique de la guerre en soi. C'est d'autant plus difficile quand ces opérations ne mettent plus en première ligne une armée de conscription qui faisait que tout le monde se sentait plus ou moins concerné. La critique anarchiste de l'armée comme mise au pas des jeunes perd de sa force à partir du moment où les États ont supprimé la conscription pour engager des professionnels et des mercenaires.

L'analyse révolutionnaire classique — telle celle du groupe "Socialisme ou Barbarie" en 1949 qui voyait une contradiction identique vécue par le prolétaire aussi bien en tant qu'ouvrier qu'en tant que soldat, ce qui donc aurait pu le conduire à retourner et les moyens de production et les moyens de destruction contre ses exploiteurs — est rendue caduque par le fait que le prolétaire a même perdu le contact avec ces moyens. La substitution toujours plus grande de capital fixe au travail vivant le relègue à une situation complètement contingente dans laquelle, au mieux, il est un simple supplétif de la machine productive comme de la machine de guerre (virtualisation de la guerre, téléguidage de destructions à distance, "opérations chirurgicales").

 Mais si combattre son propre impérialisme et pratiquer le "défaitisme révolutionnaire" n'ont pas conduit à la révolution sociale,  les luttes contre la guerre d'Algérie et contre la guerre du Vietnam auront une influence directe sur les mouvements contestataires qui s'exprimeront en France en Europe et aux États-Unis à la fin des années 60. C'est à partir de ces luttes et des critiques anti-impérialistes et anti-militaristes qu'elles impliquent, que la contestation du capitalisme réapparaît après une longue période contre-révolutionnaire. Toutefois, la guerre du Vietnam marque la fin d'une époque : la "défaite" américaine  achève la période de guerre froide entre les deux blocs et trouve son pendant tardif dans la défaite soviétique en Afghanistan. C'en est fini de la guerre impérialiste (Pour nous, il n'y a pas de commune mesure entre l'intervention soviétique en Afghanistan, encore mâtinée d'impérialisme et l'intervention russe en Tchétchénie qui relève de l'opération de police.)
 

Pourquoi une nouvelle intervention en Irak ?

La position américaine représente une option et non une nécessité absolue pour les États-Unis et pour le monde en général. Elle cherche à réinvestir une dimension politique dans la marche du monde en exprimant une réelle souveraineté à portée universelle, mais une souveraineté qui a du mal à prouver sa légitimité. Pour les néo-conservateurs américains, il ne s'agit pas simplement d'étendre la libre circulation des marchandises et des hommes, mais d'étendre aussi le modèle politique qui correspond à cette réalité économique. Nous avons affaire à un volontarisme politique et idéologique qui apparaît d'autant plus "choquant" que : 1) il se situe dans un contexte d'affaiblissement de ces deux dimensions (déclin et crise de la politique, "fin des grandes idéologies"); 2) il provient d'un courant qui n'est pas connu pour sa volonté à bouleverser l'ordre des choses. Cela explique en partie qu'il ait surpris certains de ses anciens alliés de la première intervention dans le Golfe.  Le soubresaut du 11 septembre a en effet changé la donne en mettant fin à une stratégie d'équilibre qui permettait de tolérer encore des Saddam, des Ben Laden et autres islamistes pakistanais. La lutte antiterroriste est devenue partie intégrante d'une stratégie impériale. Cela ne signifie pas que l'intervention armée en Irak est inéluctable car l'offensive américaine, qui n'a d'ailleurs jamais cessée depuis l'intervention en Afghanistan, peut prendre des formes diverses. Nous disons cela, non en vertu d'une théorie infaillible qui nous permettrait de dire l'avenir, mais à partir d'une activité critique qui ne cède pas aux banalités de base (logique du capital = logique de guerre, par exemple), sans pour autant verser dans l'extravagance. En tout cas, jamais nous ne courrons au devant de la guerre pour mieux pouvoir ensuite la dénoncer.

Que faire ?

Face à cette nouvelle situation, certains recherchent à tout prix les arguments qui peuvent recréer le lien historique entre guerre et. capitalisme, c'estàdire, finalement, le lien économique, qui viendrait tout expliquer et rassurer. Faire appel à la nature impérialiste de toute guerre est ainsi une solution de facilité, surtout si cet appel peut reposer sur un antiaméricanisme qui, combiné à un peu d'antilepénisme, représente bien le nouveau "socialisme des imbéciles". Chirac est assurément le président de 82% des Français !

L'extrême-gauche, après avoir fait tomber Jospin, ressuscite le fantôme du gaullisme et n'arrive même plus à se distinguer d'un gouvernement pour qui elle a finalement appelé à voter. Le pétrole du Caucase a servi d'explication pour l'intervention dans les Balkans, alors pourquoi ne pas servir le même coup du pétrole pour une nouvelle intervention en Irak? Cela est censé montrer le caractère inéluctable de la guerre en système capitaliste car celui-ci y trouverait soit la source de nouveaux profits soit une solution à ses contradictions internes. A partir de là le contact est rétablit avec le dogme et on peut espérer faire le lien entre lutte contre la guerre et lutte contre le capital. On pense ainsi se distinguer du simple "pacifisme bêlant". Mais aujourd'hui, encore plus qu'en 1991, le "non à la guerre" ne peut que masquer l'incapacité à dépasser cette attitude pacifiste. Peu importe, alors les pratiques avantgardistes des "activistes" contre la guerre (blocage des trains de matériel militaire américain), quand une décision du Parlement turc se révè1e plus efficace que toute leur agitation. S'il y a une continuité entre les mouvements antiglobalisation et le mouvement contre la guerre, c'est bien dans cette incapacité objective et subjective à dégager une perspective autre que celles qui se confondent avec les différentes fractions du capital. Il ne s'agit pas de se réfugier dans l'hyoter. Le pétrole du Caucase a servi d'explication pour l'intervention dans les Balkans, alors pourquoi ne pas servir le même coup du pétrole pour une nouvelle intervention en Irak? Cela est censé montrer le caractère inéluctable de la guerre en système capitaliste car celui-ci y trouverait soit la source de nouveaux profits soit une solution à ses contradictions internes. A partir de là le contact est rétablit avec le dogme et on peut espérer faire le lien entre lutte contre la guerre et lutte contre le capital. On pense ainsi se distinguer du simple "pacifisme bêlant". Mais aujourd'hui, encore plus qu'en 1991, le "non à la guerre" ne peut que masquer l'incapacité à dépasser cette attitude pacifiste. Peu importe, alors les pratiques avantgardistes des "activistes" contre la guerre (blocage des trains de matériel militaire américain), quand une décision du Parlement turc se révè1e plus efficace que toute leur agitation. S'il y a une continuité entre les mouvements antiglobalisation et le mouvement contre la guerre, c'est bien dans cette incapacité objective et subjective à dégager une perspective autre que celles qui se confondent avec les différentes fractions du capital. Il ne s'agit pas de se réfugier dans l'hypercritique ou le retrait mais il faut en prendre acte.
 

Temps critiques
Groupe de Lyon, mars 2003.  Pour toute correspondance : 11 rue Chavanne 69001 Lyon


De l'usage abusif des arguments anti-impérialistes ou antisionistes
quelques certitudes...
et beaucoup de questions

La manifestation pacifiste mondiale du 15 février 2003 a rassemblé  en France des cortèges importants, non exempts d’ambiguités (cf. l’article «  Un petit bain de foule et de haine chauvine »). Quelles que soient les tendances de l’extrême gauche concernées, on peut dire qu’un consensus semble se faire jour sur quelques points :
Les Etats-Unis veulent redessiner l’ordre mondial aux dépens de l’Europe.
Les intérêts économiques, matériels (pétroliers et géostratégiques), sont centraux dans la guerre qui menace.
La défense de la « démocratie » n’est qu’un prétexte creux, sans réalité.
Le capitalisme ne peut vivre sans la guerre.
Pour arrêter les guerres, il faut renverser le capitalisme.

Quelles que soient les nuances dans l’expression de ces idées, elles constituent un fonds commun à toutes les tendances. Mais au-delà de ces généralités, lorsque l’on envisage ce qu’il faut faire, ou ce qu’il faudrait faire, si les révolutionnaires avaient les forces suffisantes, des clivages fondamentaux apparaissent .

Contre certaines guerres ou contre toutes ?

Ce premier clivage est le plus évident. Les pacifistes radicaux, partisans de la non-violence dans tous les cas (pas les pseudo-pacifistes qui applaudiront les massacres après un vote à l’ONU), s’opposent évidemment à ceux qui considèrent que certaines guerres seraient « progressistes » lorsqu’elles affaibliraient « l’impérialisme ».  Conséquence pratique  immédiate : les pacifistes radicaux prônent la désertion, la constitution de réseaux de déserteurs, tandis que les seconds prônent l’organisation des soldats à l’intérieur des armées en vue de mutineries puis d’une insurrection armée. Petit problème : la perspective de mutineries ou de désertions massives semble quelque peu éloignée dans les armées de métier des grandes puissances impérialistes. De plus, dans un cas comme dans l’autre, il y a gros à parier que les divergences principales entre ces deux tendances se résorberaient rapidement face à la répression féroce qui s’abattrait sur eux.

Contre certains États ou contre tous ?

Ce second clivage rejoint en partie le premier, mais ne le recoupe pas totalement. Ceux qui sont farouchement opposés à tout Etat (principalement les anarchistes mais aussi ceux qu’on appelle, par facilité, les « ultra-gauches ») critiquent tous les gouvernements et tous les mouvements de libération nationale (simples États en gestation). Par contre, du côté des trotskystes, on trouve une pléthore de nuances. A partir de références politiques identiques, on aura droit à une multitude de positions : certains soutiendront Saddam, d’autres refuseront de cautionner sa dictature ; certains ont soutenu Milosevic, d’autres ont pris le parti de l’UCK. Sans compter ceux qui prêtent des vertus révolutionnaires à telle ou dictature se réclamant du « socialisme »: Burkina Faso, Cuba, etc.  C’est ainsi que la coalition Answer qui coordonne une partie du mouvement antiguerre aux Etats-Unis est en fait manipulé par une petite secte ex-trotskyste qui a longue histoire de positions anti-ouvrières puisqu’il approuva l’intervention russe en Hongrie et l’écrasement des conseils ouvriers dans ce pays.

Contre la bourgeoisie américaine ou contre toutes les bourgeoisies ?

Si cela n’apparaît jamais sous cette forme aussi claire, de fait une grande partie de la propagande d’extrême gauche établit une hiérarchie entre les États impérialistes ou bourgeois. Autant on peut comprendre que les militants américains dénoncent en priorité la barbarie de leur propre Etat (en cela, le travail d’agitation et de réflexion de Chomsky est essentiel même si ces bouquins sont assez indigestes et ennuyeux ; on aimerait pourtant que des intellectuels et des historiens français dépensent autant d’énergie que lui à démolir le discours « civilisateur » de l’impérialisme français, sous tous les gouvernements de droite et de gauche), autant la même attitude appliquée dans tous les grands pays impérialistes et dans tous les États de la planète a des conséquences néfastes.
C’est ainsi qu’en France, un pourcentage infime de la propagande antiguerre est consacré à la responsabilité française dans la longue vie de la dictature du Baas irakien, pour ne pas parler de tous les dictateurs d’Afrique. Dans la patrie de Mitterrand et de Robert Hue, la lutte contre l’impérialisme français a toujours été secondaire, si l’on excepte les périodes de la guerre d’Indochine et celles de la guerre d’Algérie, mais il faut dire que, dans ces deux cas, la vie de soldats et de civils français était en jeu. Depuis la fin de la guerre d’Algérie, on n’a jamais vu ni la gauche ni l’extrême gauche s’investir sérieusement dans la dénonciation, même en milieu étudiant, des crimes de l’impérialisme français. Les facs ont eu successivement des comités Vietnam, Chili, Nicaragua, Chiapas ou Palestine, mais on aurait du mal à dénicher des comités Mali, Côte d’Ivoire ou Sénégal. Quant aux foyers de travailleurs immigrés, ils n’ont jamais eu la visite du moindre gauchiste, à l’exception des maos des années 70, mais ceux-ci flattaient leurs pires préjugés nationalistes. Le terrain a donc été occupé par des associations d’étudiants étrangers ou de travailleurs immigrés noyautées par des États policiers laïcs ou religieux, et aujourd’hui par des islamistes fondamentalistes.

Contre le sionisme et l’existence de l’Etat d’Israël ou contre tous les nationalismes ?

Cette question est une de celles qui polluent le plus l’action du mouvement antiguerre, notamment aux États-Unis. Ceux qui dans le mouvement sont opposés à l’existence même de l’Etat d’Israël, ou prônent naïvement un grand Etat englobant Juifs et Palestiniens, ont une indulgence particulière pour le nationalisme arabe — comme d’ailleurs pour le nationalisme noir au sein même des États-Unis. Comme me l’écrit un militant américain : «  Le Workers World Party contrôle la coalition antiguerre et ils ont empêché Michael Lerner de prendre la parole à la manifestation. Ce rabbin, sioniste de gauche, partisan d’un Etat palestinien, collabore avec l’extrême gauche depuis des années, mais il aurait certainement, dans son intervention, critiqué Saddam Hussein, le Hamas et le Hezbollah. Le mouvement antiguerre commet une grave erreur. Nous devons répondre aux problèmes que rencontre le peuple irakien si nous voulons démolir les arguments des partisans de Bush. Nous ne pouvons pas laisser Bush et Blair continuer à prétendre qu’ils vont  “libérer“ le Moyen-Orient. »
C’est ainsi que les trotskystes britanniques du SWP, à l’origine du mouvement Stop the War, font la cour à la British Muslim Association, qui défend les positions des Frères musulmans, positions férocement anti-ouvrières. Ou qu’en France le Hamas et autres organisations islamistes peuvent tranquillement scander « Mort aux Juifs ! » dans les manifs sans se faire vider à grands coups de pompes dans le cul. En Angleterre, en France ou aux Etats-Unis, l’argument mis en avant est toujours le même : « Il faut être efficace et ne pas briser l’unité du mouvement. » On a vu ce que les « Ho ho chi minh ! » des ancêtres de la LCR ou les « FNL vaincra ! » des maos ont donné. Mais ces gens-là n’ont rien appris et continuent dans la même lignée, en apportant un soutien acritique à l’OLP quand ce n’est pas au Hamas ou au Hezbollah, groupes terroristes anti-ouvriers.
Ceux qui refusent de dénoncer clairement l’antisémitisme des nationalistes arabes, ceux qui tolèrent des slogans comme « Sharon = Hitler », « Sharon, SS », etc., font un très mauvais calcul s’ils pensent que leur silence d’aujourd’hui leur permettra plus tard de redresser la barre et de convaincre leurs interlocuteurs nationalistes ou islamistes que le racisme et le chauvinisme divisent les travailleurs et divisent les peuples.

Pour la démocratie en Irak ou pour la révolution socialiste ?

Posée comme cela, la question peut sembler absurde. Tout révolutionnaire placé devant cette alternative en préférera le second terme. Mais il faut cependant s’interroger aussi sur la question de la démocratie si l’on veut répondre aux arguments des Bush, Blair et consorts.
Et sur ce terrain, force est de constater que l’extrême gauche se préoccupe peu des forces démocratiques en Irak (ou en exil), de leur influence, de leur programme politique, etc., et des embryons de mouvement ouvrier qui pourraient exister dans ces pays. Et il en a été de même au moment de la guerre en Afghanistan ou au Kosovo. Pourtant, il semble difficile de prétendre soutenir le peuple irakien, kosovar ou afghan contre l’intervention américaine ou les interventions occidentales, sans se demander quelles organisations politiques démocratiques et ouvrières existent sur le terrain, ou dans l’immigration, et quel soutien peut-on leur apporter pour que leur peuple et leur classe ouvrière bénéficient de droits démocratiques élémentaires.
 Les pacifistes risquent de se trouver dans une position très inconfortable au cas où une guerre civile éclaterait en Irak et où l’armée américaine déciderait de soutenir activement un camp en présence. Que feront alors nos « antiguerre » ? Défendront-ils les partisans de Saddam, la Garde nationale irakienne ou les Moujahidine du peuple iraniens réfugiés en Irak et exécuteurs de toutes les basses besognes du régime contre ceux qui voudront instaurer un Etat démocratique en Irak ? Pour le moment, le gouvernement Bush semble vouloir se contenter de placer un général de rechange aux commandes et ne pas s’attaquer à l’appareil d’Etat mais on ignore comment la situation évoluera.
 

 « Saddam, dictateur irakien. Bush, dictateur mondial » ?

Ce slogan comparant Saddam et Bush établit un parallèle absurde. L’armée américaine n’est pas en ce moment en train de gazer, emprisonner ou torturer directement des peuples aux quatre coins de la planète. Et, petit détail qu’oublient nos gauchistes anti-américains, elle ne le fait pas non plus sur son propre territoire. Elle procède d’une façon bien plus indirecte et plus efficace, hélas ! Elle envoie des conseillers militaires aider des régiments d’élite de toutes les armées qui sont prêtes à accepter ses services, mais elle ne fait pas le boulot elle-même — à part en Afghanistan en ce moment et peut-être demain en Irak.
Je conseille à ce propos à tous les anti-américains primaires le livre-reportage de Tom Clancy, romancier et essayiste raciste, réactionnaire et grand ami des militaires, sur Les Forces spéciales (Albin Michel, 2002). Dans cet ouvrage, il décrit par le menu comment l’armée américaine (sous les gouvernements démocrates et républicains la politique est la même) choisit dans chaque pays (notamment en Amérique latine, mais aussi sur d’autres continents) des unités spécifiques, de taille limitée, auxquelles elle enseigne « le B-A-BA de la démocratie » : en clair, comment « traiter », voire liquider des mouvements sociaux pré-insurrectionnels, comment lutter contre des guérillas, etc., en limitant au maximum les « bavures » et en faisant du « social » : hôpitaux de campagne, petits gestes humanitaires, etc. On est loin d’une puissance impériale qui enverrait des troupes  occuper tous les pays qu’elle veut contrôler et imposerait par la force des régimes à sa botte. Si c’était le cas, Chavez aurait été renversé depuis longtemps par une intervention directe, comme Noriega au Panama ou Bishop à la Grenade. Et la Corée du Nord, l’Iran, la Lybie… et l’Irak seraient sous protectorat américain depuis des dizaines d’années.
Les capitaux américains dominent en Europe et « notre » continent n’est pas occupé par les troupes de Bush, même s’il existe quelques bases militaires (1). Le rapport qu’entretiennent les Etats-Unis avec le reste du monde est beaucoup plus subtil que le prétendent les gauchistes. Les gouvernements américains ont de toujours de solides alliés dans chaque pays, dans les classes dirigeantes : hommes politiques, chefs d’entreprise, journalistes, intellectuels, chefs syndicaux, etc. Le fait qu’Alain Madelin ait été le seul homme politique à prendre position pour Bush et pour la guerre est un leurre. Les  partis de droite et de gauche français n’ont aucune divergence essentielle avec ce que Mendès-France appelait « l’hégémonisme » américain.
Et dans les pays où les gouvernements américains entretiennent des liens étroits avec pléthore de dictateurs sanguinaires, ce sont à chaque fois des salopards autochtones qui massacrent leurs peuples. La rhétorique gauchiste, à force de dénoncer les complices des bourreaux, des tortionnaires et des assassins de chaque Etat, finit par oublier qui exactement fait quoi.
Pour prendre un exemple concret : on peut affirmer, de façon schématique, que les Etats-Unis ont laissé faire Hitler pendant dix ans (de 1933 à 1943), mais on ne doit pas oublier que ce sont quand même Hitler et les nazis qui sont responsables du massacre de 6 millions de Juifs et des tueries perpétrées aux quatre coins de l’Europe par les troupes allemandes, pas le président Roosevelt ni Winston Churchill (eux sont responsables des bombardements de populations civiles en Europe, mais pas des crimes des nazis.).
Ou, plus récemment, on peut incriminer l’action de la CIA dans le coup d’Etat de Pinochet au Chili, mais cela ne doit pas conduire à négliger les responsables essentiels des massacres commis par la junte militaire : les militaires chiliens. C’est pourtant ce type d’attitude qu’adoptent la gauche et l’extrême gauche latino-américaines en dénonçant sans cesse l’intervention des Américains, des gringos (c’est-à-dire, en bon français, des « étrangers » — tout un programme !), et en oubliant le rôle de leurs propres bourgeoisies nationales et de leurs appareils d’Etat et de répression.
Quant à Saddam, il est certes en partie une créature des grandes puissances, les Etats-Unis et la France, en première ligne, car celles-ci lui ont vendu des armes pendant des années, l’ont soutenu politiquement, etc. Mais le Boucher de Bagdad a lui-même des visées expansionnistes dans la région. Sinon pourquoi aurait-il attaqué l’Iran puis envahi le Koweit ? Que cela ait été approuvé ou non dans un premier temps par l’administration américaine ne le rend pas moins coupable des atrocités commises sur le terrain par ses propres troupes.

Que répondre aux arguments des réacs et que faire contre les guerres ?

La situation actuelle est une situation très complexe où les passions chauvines, les peurs munichoises et l’indignation contre la guerre risquent de donner naissance à un cocktail détonnant. Vu la taille minuscule des groupes révolutionnaires sur cette planète et leurs divisions, leurs possibilités d’empêcher la guerre en Irak ou n’importe où dans le monde sont  inexistantes. S’ils n’ont pas de solutions immédiates et réalistes à proposer, ils peuvent au moins indiquer clairement quelle issue, dans le cadre de chaque conflit, serait la moins négative pour les travailleurs de chaque pays.
En clair, à propos de l’Irak, s’il n’est pas question de soutenir l’intervention américaine,  on doit déclarer haut et fort que si Saddam disparaissait avec une partie de ses tortionnaires, on ne pleurerait pas sa disparition. On doit aussi affirmer sans complexe que la destruction des armesmilitaires et chimiques de l’Irak est et serait une excellente chose. On ne peut parler à leur propos de « prétendues armes ». Il est irresponsable d’affirmer que Saddam, s’il en avait, ne s’en servira jamais ! On ne peut noyer le poisson en déclarant que le Pakistan, Israël  et les Etats-Unis ont l’arme nucléaire ou que seuls les Etats-Unis s’en sont pour le moment servis, comme si cela excluait la possibilité que Saddam s’en serve. Si tous ces faits sont exacts, ils ne donnent aucun droit, ni surtout aucune excuse à Saddam. Certes, la France et les Etats-Unis ont fourni à l’Irak des ingrédients pour fabriquer des armes bactériologiques et chimiques,  mais ce ne sont pas elles qui ont obligé Saddam à les commander et puis à les utiliser contre les Kurdes et les Iraniens !
De même, il faut se méfier des arguments rappelant l’usage de la bombe atomique à  Hiroshima et Nagasaki, et les bombardements de civils par les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. S’ils font allusion à des faits exacts, n’oublions pas que l’avocat tiers-mondain Jacques Vergès les a utilisés pour défendre le criminel de guerre Klaus Barbie. Dans le genre, « Oui, c’est vrai, les nazis ont fait des choses horribles, mais l’impérialisme américain aussi, donc tout est pareil, et n’en parlons plus. »
Autant il me semble important de réaliser l’unité d’action la plus importante possible dans la rue contre la guerre, autant il faut absolument éviter de cautionner une quelconque unité nationale allant de Le Pen à Robert Hue en passant par Chirac. C’est pourquoi il faut absolument briser le consensus mou anti-américain et chauvin que les médias sont en train de promouvoir, dont Chirac profite, et sur lequel l’extrême gauche semble vouloir surfer pour en tirer des profits illusoires.
Les révolutionnaires doivent préparer l’avenir, non pas en jouant les éternels alarmistes (« La guerre atomique ou la révolution », « Socialisme ou barbarie » et autres perspectives catastrophistes), mais en développant une propagande internationaliste concrète qui évite les pièges de l’anti-impérialisme stalinien, de la judéophobie, du jacobinisme droit-de-l’hommiste chauvin et d’un mouvement altermondialiste qui, comme le dit bien Claude Guillon, n’est souvent qu’un mouvement altercapitaliste.
 

Yves Coleman
 
 

A ce sujet, il est intéressant de rapporter ici ce qu’un représentant du gouvernement allemand a déclaré à la BBC dans l’émission « Hard Talk ». Harcelé par le journaliste particulièrement agressif et réac qui menait l’interview, il a répondu très calmement que l’Allemagne faisait beaucoup plus pour les Etats-Unis que d’autres pays européens. Un : elle permettait aux avions américains de survoler son territoire. Deux : l’armée américaine avait le droit d’avoir des bases militaires sur le sol. Et trois : les soldats de la Bundeswehr remplaçaient sur les bases américaines les soldats américains qui partaient dans le Golfe. Gageons que ce bureaucrate n’a pas dû donner une grande publicité à ses propos en Allemagne même…