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QUESTIONS À LA C.G.T.

inLa Lettre des militant-e-s syndicalistes libertaires

Front social : Où va la C.G.T. ?
La Lettre des militant-e-s syndicalistes libertaires
Novembre 2002- Numéro 28

Les anarcho-syndicalistes, syndicalistes révolutionnaires, anarchistes, libertaires, militants sociaux conscients et syndiqués à la CGT ou ailleurs, ne sont pas indifférents au sort de la CGT, organisation de masse et de classe avec une culture de lutte fortement liée à l’histoire du mouvement ouvrier révolutionnaire. Sans vouloir donner aucune leçon aux militants de base auquel nous nous adressons aujourd’hui, nous faisons ici état de quelques unes de nos inquiétudes quant à l’avenir de la première organisation de travailleurs en France, et en particulier de la dérive bureaucratique de la Direction Confédérale.

Des camarades de la F.A. de Rennes nous informent que dans le Ouest-Francedu 31 Août 2002, un article signé par l'ex-secrétaire de l'U.D. CFDT Ille et Vilaine, désormais Professeur en Ressources Humaines et de Management, a retenu leur attention. Intitulé "Le nécessaire pacte social", cet article fait l'éloge de la recomposition actuelle du paysage syndical, dans lequel, sans la nommer, la CGT jouerait un rôle de premier plan. Se félicitant de la baisse continue des conflits du travail et de l'augmentation des accords collectifs, le point d'orgue de ce processus d'intégration du capital au travail en est l'alliance des 4 confédérations syndicales, dont la CGT, pour la labellisation de fond d'épargne salariaux, "pourtant des plus capitalistes", selon l'auteur.

Et pourtant : l'article 1 des principes fondateurs de la CGT, réaffirmés au 46eme Congrès l'assène: "Prenant en compte l'antagonisme fondamental et les conflits d'intérêts entre salariés et patronat, entre besoins et profits, [la CGT] combat l'exploitation capitaliste et toutes les formes d'exploitation du salariat. C'est ce qui fonde son caractère de masse et de classe."

Force est donc de constater un décalage entre les principes et la pratique. L'adresse unanime en Avril 2002 à Bernard Thibault des 21 membres de la Commission Exécutive de l'Union Locale CGT de Roanne en est un symptôme, qui nous amène à nous poser, en tant que militants anarcho-syndicalistes, sociaux et syndicaux les questions suivantes:

Où va la CGT sur la question des retraites ?

Dans le quotidien patronal Les Echos,Bernard Thibault indique "il faut étudier la possibilité de cotiser dès l’âge de 18 ans pour ses droits à la retraite. En tout cas, les 60 ans doivent demeurer la règle”. Faites le compte : cela représente au total 42 annuités! Sur la durée de cotisation, la brochure CGT sur les retraites reprend (p.40): "la CGT propose une mesure simple, qui ne nécessite pas de revoir les règles de liquidation actuellement en vigueur, que ce soit dans le secteur privé ou dans le public". La nécessité du retour à 37,5 annuités, public comme privé, n'apparaît pas pour la confédération comme une revendication centrale. Bien qu'elle s'y déclare favorable, elle n'entend manifestement pas mettre les moyens pour l'imposer aux patrons ! Et pourtant, "c'est précisément contre cette allongement de la durée de cotisation que les salariés ont massivement manifesté, le 25 Janvier 2001" (brochure p. 25)

Si la CGT ne propose évidemment pas un allongement de la durée de cotisation, elle court ici le risque de participer à la mise en place de l'accord que Chirac et Jospin ont signé au Sommet européen de Barcelone des 15 et 16 mars qui a demandé expressément aux états membres d’“augmenter progressivement d’environ 5 ans l’âge moyen effectif auquel cesse, dans l’Union européenne, l’activité professionnelle ”.

Où va la CGT avec l'Epargne salariale ?

La CGT participe au comité intersyndical sur l'épargne salariale (CIES). Quelle différence y a-t-il entre fonds de pension et épargne salariale ? Dans les deux cas, il s'agit non pas de cotisations des actifs versées immédiatement dans les régimes par répartition, selon le principe de la solidarité ouvrière collective, mais, à l'inverse, d'un mécanisme individuel où l'argent du salarié est mis à disposition de la spéculation des patrons. En nous rappelant le scandale financier d'Enron, qui d'entre nous à envie de jouer sa retraite à la roulette ? Pour mémoire, le CIES a labellisé comme "entreprise éthique" (?!) Axa et le Crédit Lyonnais. Axa qui a supprimé 4 500 emplois de travailleurs en 5 ans au seul intérêt des actionnaires...

La confédération FO combat officiellement l’Epargne salariale, tout en laissant ses équipes locales négocier allègrement des accords d’entreprise ou de branche. C’est également l’attitude adoptée par l’US solidaires. La bureaucratie C.G.T. a choisi une attitude inverse. Elle s’est positionnée sans la moindre consultation auprès des syndicats. Elle a ensuite avancé des revendications délirantes en soumettant l’abondement patronal à des cotisations sociales, ce que la loi n’a pas accepté. Cela aurait remis en cause l’utilité de l’épargne salariale comme moyen de casser les retraites. Elle a au contraire favorisé les facilités fiscales et l’absence de cotisations sociales. Une autre revendication farfelue est celle des comités de surveillance des FCPE qui doivent être composés en majorité de représentants de salariés sur la base de listes syndicales selon le principe du paritarisme.

Pour ne pas apparaître comme un garant de l’épargne salariale la C.G.T. précise qu’elle n’a pas «vocation à gérer directement les fonds». La gestion sera donc laissée aux organismes de placement, dans une drôle de mascarade, car ce n’est que sous-traitée, et le contrôle serait en fait exercé par les directions syndicales. Elles finiront donc par adopter les mêmes logiques financières puisqu’elles ne remettent pas en cause l’épargne salariale.

Des secteurs très larges de l’appareil syndical sont en désaccord avec cette stratégie, et le positionnement de la bureaucratie C.G.T. n’est tenable qu’en raison de l’absence d’une opposition interne structurée.

Où va la CGT avec le "nouveau statut du travailleur salarié" ?

Les travailleurs et syndicalistes peuvent s'émouvoir de la trouvaille de ce nouveau "concept confédéral". Des statuts et des droits, il en existe déjà à l'heure actuelle. Le combat contre la précarité se construit par notre aptitude à exiger, par le rapport de force, le res-pect des statuts et des conventions collectives existantes. Partout, patronat et gouvernement veulent les remettre en cause. Commençons donc à les défendre pour en conquérir des nouveaux !

Alors que l'exploitation capitaliste ne s'est jamais fait autant ressentir et que les acquis sociaux sont battus en brèche, il devient urgent que la CGT, tout en se modernisant par un volet de gestion sociale, renoue avec ses origines, dans le but de privilégier un renouveau du syndicalisme gestionnaire et revendicatif, qui défende les acquis sociaux, en toute indépendance du Patronat, du Gouvernement, des Partis politiques dans le cadre de la lutte des classes. Les militants CGT de base et les travailleurs, chômeurs, précaires pourront y parvenir en poussant partout dans ce sens où ils le peuvent, pour les premiers dans les instances locales ou fédérales et pour l’ensemble sur le terrain et dans le mouvement social.

Appel à la grève unitaire !

Nous revendiquons une grève de masse inter-professionnelle dont les journées de revendications dans le secteur public doivent jouer le déclic. Il n’est pas évident que les bureaucrates aient intérêt à assurer une mobilisation réussie. Donc notre revendication d’une grève unitaire C.G.T., F.O., Solidaires (Les S.U.D.) doit être portée devant les travailleurs par les syndicalistes de lutte de classe. Les C.N.T. doivent en être le moteur. C’est la seule perspective qui nous permette d’engager une dynamique de débat et de mobilisation en défense du salaire socialisé. Car l’appel au boycott de l’épargne salariale et la défense des retraites par répartition solidaire avec égalité entre les régimes n’est crédible que si elle s’inscrit dans une mobilisation interprofessionnelle.

Sinon cela apparaîtra comme un sacrifice pour le salarié sachant que le reste des entreprises ne boycottent pas les gains immédiats éventuels.

Dans ce système de globalisation du capitalisme, la hausse des salaires devient une revendication de plus en plus centrale, non seulement pour accroître le pouvoir d’achat du prolétariat et pour socialiser la plus grande part possible de la plus value, mais comme moyen de freiner la mise en place de l’épargne salariale.

Nous encourageons les travailleurs, chômeurs, précaires et les militants dans ce sens. Vive La Sociale !

Michel SAHUC du collectif anarcho-syndicaliste La Sociale.


47e congrès
La confédération CGT explore les voies du recentrage

La Lettre des militant-e-s syndicalistes libertaires
Février 2003- Numéro 31

Comme on a pu le voir à l’occasion des dernières élections prud’homales, la CGT conserve une position centrale dans le syndicalisme français — et dans la lutte des classes —, malgré l’érosion de la classe ouvrière d’industrie qui constitue son milieu naturel.

La CGT tient son 47e congrès à Montpellier, du 22 au 28 mars 2003. La réforme des cotisations, le “nouveau statut du travail salarié” ou la défense des retraites focalisent les débats.

Si la CGT maintient sa posture combative, sa direction confédérale, par petites touches, s’installe de plus en plus dans la duplicité. On pourrait ainsi résumer ce qui se joue depuis l’accession de Bernard Thibault à la direction de la confédération CGT. Son équipe doit tenir compte d’une culture du conflit ancrée dans la base militante, mais ses orientations stratégiques donnent de moins en moins de perspectives aux salariés. Le 47e congrès est l’occasion d’une critique constructive de ces orientations (“nouveau statut du travail salarié”, retraites…), même si les batailles se mèneront sans doute davantage sur des points de fonctionnement interne (réforme des cotisations) ayant des conséquences politiques.

Que penser du “nouveau statut du travail salarié” ?

Le “nouveau statut du travail salarié” est devenu un thème central dans la CGT, avant même de devenir, comme le proposent les textes du 47e congrès, “l’épine
dorsale” de l’action du syndicat dans le champ des salaires, de la formation, de l’emploi, de la santé, de la retraite. L’objectif, de long terme, est que “tout
salarié bénéficie, quelles que soient les circonstances, d’un ensemble de droits individuels, garantis au plan interprofessionnel, opposables à tout employeur et transférables d’une entreprise à une autre : droit à l’intégration dans un emploi, droit à la formation continue, droit à une carrière professionnelle, droit au maintien d’un contrat de travail en cas de suppression d’emploi, continuité des droits pour le calcul de la retraite, droit à l’expression syndicale.” Cet ensemble cohérent de droits nouveaux, donnerait naissance à une “sécurité sociale professionnelle”, application concrète du droit au travail inscrit dans la Constitution de 1946, mais effectif uniquement dans le statut de fonctionnaire.

Par ailleurs le financement de cette sécurité sociale professionnelle ne dépendrait pas de la fiscalité et des finances publiques, mais bel et bien de la cotisation sociale, prélevée directement sur la richesse créée. Puisque la logique est saine, et que l’objectif est constructif, on ne peut pas être “en soi” opposé à un tel axe revendicatif. Nous divergeons en ce sens de l’analyse faite par Michel Sahuc du collectif anarcho-syndicaliste La Sociale dans la Lettre des Militant-e-s syndicalistes libertaires de novembre 2002, ou du courant Continuer la CGT.

Si l’on peut émettre des réserves sur cette “nouveauté”, c’est moins du fait de son contenu, que des risques qu’elle fait peser si une mauvaise utilisation en est faite.

Cette nouvelle revendication, en effet, prend acte d’une défaite du mouvement ouvrier face aux licenciements. Elle intègre en quelque sorte l’idée que “le CDI à vie, c’est fini” et que la “nomadisation” des salariés va aller croissant. Le “nouveau statut du travail salarié” est donc la réponse apportée par la CGT aux licenciements, au chômage et à la précarité.

Le problème est qu’on dispose alors du volet offensif (en termes de projet), d’une réponse aux licenciements, mais sans volet défensif (interdiction des licen-ciements ? Droit de veto des travailleurs ?). Or, dans l’urgence, c’est en premier lieu sur le volet défensif que les travailleurs se mobilisent, pas sur le projet qui y est articulé. Ainsi, on imagine mal la grande mobilisation contre les licenciements autour de Lu/Danone au printemps 2001 avec pour revendication d’urgence une “sécurité sociale professionnelle”.

Dans un tel contexte, et s’il ne s’appuie pas sur des revendications immédiates, un tel “axe revendicatif” risque de désarmer les travailleurs.

Tâtonnements autour de la défense des retraites

Une même logique revendicative menace sur le dossier des retraites. La CGT prend acte d’un déséquilibre du système actuel d’assurance vieillesse. Le constat est facile à faire : entrant plus tard sur le marché du travail, avec de plus en plus de périodes de chômage, il sera bientôt quasi impossible pour un salarié de liquider une retraite à taux plein, que ce soit à 40 annuités ou à 37,5 ! La CGT exige donc que le calcul des droits à la retraite intègre également les périodes de chômage et démarre à 18 ans. Et raille Force ouvrière, arc-boutée sur le mot d’ordre des 37,5 annuités, mais discrète sur le montant des retraites à l’arrivée.

Très bien, mais il se glisse quelque chose de très inquiétant dans les textes de congrès : la notion de défense des 37,5 annuités a du coup disparu ! Encore une
fois, c’est comme si la CGT se privait du “volet défensif” ou, du moins, d’une revendication qui est un repère essentiel pour les militants. Bon nombre d’entre eux s’inquiètent de cet escamotage jugé démobilisant et, en tout cas, déstabilisant.

Et l’on touche là au noeud du problème de cette “méthode revendicative”, que ce soit pour les retraites ou pour le nouveau statut du travail salarié : pour refonder l’assurance chômage et l’assurance vieillesse à l’avantage des travailleurs, il faut un rapport de force considérable, similaire à celui qu’avait le mouvement ouvrier à la Libération, quand fut mis en place l’ensemble du système de sécurité sociale.

Dans les situations d’urgence actuelles, les salariés ont besoin de revendications fédératrices et mobilisatrices, et pas uniquement de “projets”, à moins que le “syndicalisme de proposition” ne se mue définitivement en “syndicalisme d’expertise”, décalé des dynamiques de mobilisation.

Si les propositions de long terme se précisent, tandis que les positions immédiates se font plus floues, c’est la porte ouverte aux manoeuvres bureaucratiques et aux capitulations de circonstance. Cela ne se fera pas sans mal. Il existe des esprits vigilants à la base, qui voient d’un mauvais oeil ces “ tâtonnements ” en termes d’orientation.

Réforme des cotisations

C’est là qu’intervient le thème qui fait le plus débat à l’approche du 47e congrès : la réforme des cotisations. Appliquant le principe du fédéralisme, la CGT “confédère” différentes organisations : fédérations d’industries (métallurgie, construction, éducation…), unions départementales (Aisne, Yonne, Gers…) et structures syndicales diverses non fédérées (intérimaires, journalistes, comités de chômeurs, retraités…). Chaque UD et fédération est maîtresse des cotisations versées par les syndicats qui lui sont affiliés. En cas de conflit interne, elle reste donc maîtresse de ses ressources. Une réforme fondamentale était prévue, mais devant le tollé, son impact a été considérablement amoindri.

Initialement, la réforme prévoyait que les syndicats devraient verser les cotisations directement à un organisme financier central qui, ensuite, aurait réparti l’argent entre la confédération, les fédérations et les UD. Autrement dit, les syndicats de base conservaient la maîtrise de leur trésorerie, mais les niveaux intermédiaires, qui pèsent un poids politique dans la CGT, devenaient dépendants d’une répartition de fait sous contrôle confédéral. En cas de conflit, la direction pouvait donc “assécher” les UD ou les fédés contestataires.

Devant les protestations, le projet a été remodelé. La proposition faite est que l’organisme financier fasse le calcul et vérifie le bon reversement des cotisations, mais le “compte central” par où elles devaient transiter est abandonné. La réforme continue néanmoins de susciter des oppositions notamment parce que la délégation de la répartition des cotisations à un organisme séparé risque d’entraîner un recul de la vie syndicale de proximité.

Et maintenant ?

Les tâtonnements, les hésitations sur la démarche revendicative ne sont pas pour rassurer. Cependant elles ne sont menaçantes que parce qu’il n’existe pas vraiment d’expression critique au sein de la CGT, qui obligerait la direction confédérale à se positionner plus clairement sur bien des points, et dénoncerait les magouilles bureaucratiques qui ont cet automne divisé et saboté la mobilisation des cheminots ou des électriciens-gaziers.

La CGT ne fonctionne pas encore comme la CFDT, à la hussarde et dans le mépris le plus total des militants de base. La façon dont la direction de la fédération
Mines-Energie a dû s’incliner devant les protestations de la base sur le dossier des retraites à EDF-GDF, montre que l’opposition n’est pas vaine. C’est d’une absence de ligne directrice, davantage que d’une ligne réformiste acharnée, que souffre la CGT.

Dans ce contexte, les syndicalistes libertaires ont non seulement la possibilité, mais surtout le devoir, de se faire entendre.

Des militant(e)s communistes libertaires de la CGT (métallurgie, banques, éduca-tion, presse, spectacle, construction)


POUR UNE EXPRESSION
SYNDICALISTE RÉVOLUTIONNAIRE DANS LA CGT

La Lettre des militant-e-s syndicalisteslibertaires
Février 2003- Numéro 31

Silencieuse et très en retrait sur de nombreuses luttes, notamment contre les licenciements dits "boursiers" au cours de ces dernières années, la CGT n'en demeure pas moins une référence essentielle du syndicalisme en France.

Ballottés entre les tenants d'une ligne “moderniste” bien éloignée du syndicalisme de lutte, et une culture sectaire héritée de l'hégémonie du PCF en son sein, les militants de la CGT sont souvent déboussolés et en recherche d'un nouveau souffle face à une recomposition syndicale qu'ils maîtrisent mal. A l'issue des dernières élections prud'homales de décembre 2003, le syndicalisme CGT reste une référence essentielle du syndicalisme de lutte en France. Avec 5 360 841 votants soit 330 292 de plus qu'en 1997, le taux de participation, loin des prévisions catastrophistes des médias, montrent un regain d'intérêt de la part des salarié(e)s, malgré des conditions d'organisation particulièrement indignes, notamment dans les petites entreprises du privé où les salariés ont dû subir un véritable parcours du combattant pour aller voter.

De ce scrutin, il ressort une relative stabilité dans la hiérarchie des forces en présence.

Contre l'attente de nombreux commentateurs, la CGT confirme sa première place avec 35% des votants, malgré de fortes modifications du corps électoral, et notamment la réduction de la section Industrie où la CGT fait traditionnellement ses scores les plus élevés. Ces élections 2003 consacrent une véritable reconnaissance par les salariés de l'éclatement des forces syndicales et les premiers effets d'une recomposition en leur sein.

Du côté des organisations syndicales réformistes, l'UNSA atteint désormais le seuil de 5 % alors que se développe un vote CFTC bénéficiant d'un report de voix de syndicats jaunes ou d’extrême droite, comme la CSL ou le CFNT, qui ont disparu de la scène. Pour ce qui est des organisations de lutte, G10-Solidaires atteint voire dépasse ce seuil de 5%, lorsqu'il est représenté. Mais ce "test de représentativité" que constituent les élections prud'homales, impose désormais une responsabilité particulière aux équipes syndicales de lutte, et en particulier dans la CGT. Ces batailles syndicales pour la représentativité sont importantes et leurs résultats ne sauraient être ignorés dans l'appréciation d'un rapport de force global. Toutefois, elles ne sont rien sans un contenu fédérateur.

Le patronat et le gouvernement Raffarin, précédés en cela par divers ministères socialistes d'avant 2002, suscitent dans les entreprises de nombreux “accords” rétrogrades sous couvert de signatures syndicales minoritaires. Il relève des vrais militants syndicalistes d'organiser les réponses appropriées pour retirer toute légitimité à ces signatures.

La bataille menée par la majorité de la fédération CGT Mines-Energie contre son secrétaire général Denis Cohen et ses magouilles inadmissibles à EDF prend, dans ce cadre, valeur d'exemple.

Un bilan critique pour le 47e congrès

Bien que se revendiquant "confédérés", c’est-à-dire dotés d'un outil professionnel et interprofessionnel, les militants CGT ne sont paradoxalement pas les mieux armés et connaissent quelques difficultés pour appréhender les contours nouveaux du salariat. Présent dans les luttes, capable de mobilisations fortes, le syndicalisme CGT souffre de l'absence d'une stratégie claire de développement et de fédération des luttes pour un projet de transformation sociale. Face à la précarité montante, la vague de plans sociaux dans l’industrie et le développement de la pauvreté, la stratégie de la confédération s'est essentiellement appuyée sur le relais politique que constituait la gauche plurielle au gouvernement jusqu'en avril 2002. En n'envisageant que la perspective d'une "loi de modernisation sociale" ou "d'interdiction des licenciements", c'est à une véritable instrumentalisation des luttes que se sont livrées de nombreuses équipes syndicales qu'il serait erroné de mythifier pour mieux les opposer à leur confédération.

Le choc du 21 avril dernier et le retour de la droite aux affaires est venu toutefois perturber cette construction et nombreuses sont les réflexions critiques qui apparaissent, notamment dans les tribunes de discussion préparatoires au congrès de Montpellier. Courant légitime à la CGT, partie prenante de sa construction, les libertaires ont à prendre leur place dans ces débats.

O. S. UD CGT 75



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